Sécurité pénitentiaire : Des mauvais traitements infligés aux recrues

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C’est ce que nous révèle l’hebdomadaire La Loupe dans son numéro 304 de ce mardi 29 novembre.  En formation depuis bientôt six mois, les recrues au sein de ce corps font l’objet de traitements inhumains et de menaces diverses et intimidations par leurs encadreurs.

Le milieu carcéral qui est souvent décrié, du fait des conditions de vie  des détenus semble ne pas se limiter à ces derniers. En effet, le journal d’investigation La Loupe nous apprend que les conditions de formation des jeunes recrues au sein de l’administration pénitentiaire outre-passe les enseignements pour devenir garde pénitentiaire. « A la sécurité pénitentiaire, nous ne sommes pas en formation. Nous sommes tous les jours victimes de plusieurs humiliations. Nos encadreurs nous traitent plus au rabais que les prisonniers et cela sous les regards complices du commandant en chef, souvent de passage, des colonels chargés de la formation et même de la directrice chargée du recrutement. A la moindre riposte, vous êtes radié des rangs. Plusieurs de nos collègues, qui ont des bandes sur la tête, ont reçu des coups de manches de hache en plastique très solides, à défaut des fouets comme des forcenés », relate une des recrues.

Mais au-delà de ces actes de barbarie sous couvert de formation militaire,  elle révèle qu’ils font systématiquement l’objet d’intimidation lorsqu’ils tentent de se plaindre, « la semaine dernière, plus de dix des nôtres ont été radiés pour avoir protesté contre une façon inhumaine de tabasser une de nos sœurs recrues, à la barbe d’un colonel qui nous a intimé l’ordre de nous taire et de ne point révéler tout ceci aux médias. C’est l’enfer ! »

En outre, notre confrère souligne que les conditions d’admission au concours sont soumises à plusieurs étapes « Un reçu est délivré dans le cas où votre dossier est retenu après une étude minutieuse, la participation au concours, puis les examens médicaux. Toutes ces différentes étapes sont scrupuleusement surveillées au détail avant de regagner les rangs de la formation qui ne dure plus que six mois. Seulement, nous apprenons que le service de la sécurité pénitentiaire chargé de la formation va radier beaucoup de recrues à cause de leur âge très avancé. Un vrai paradoxe inexplicable quand on sait que, pour cette vague, la tranche d’âge était comprise entre 18 et 28 ans. », Une situation qui apparaît confuse pour les jeunes en formation. L’un d’eux s’interroge d’ailleurs « s’ils voulaient nous radier, ils devraient le faire depuis. Pourquoi c’est après plus de 5 mois de formation qu’on veut nous radier à cause de l’âge alors qu’ils ont, au départ, étudié nos différents dossiers ? ».

Des sévices et des comportements rétrogrades qui semblent ne pas émouvoir « le colonel Peter Bevigna, commandant en chef de la sécurité pénitentiaire, qui est censé veiller au respect des droits de l’Homme dans ce milieu carcéral et du personnel qui le constitue », vivement d’ailleurs que le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Alexis Boutamba Mbina se penche sur ces conditions de formation au sein de la sécurité pénitentiaire, qui s’assimile plus à un goulag pour les recrues qu’à autre chose.

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