Régis Immongault : «La crise financière est là. Elle est dure»

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C’est le propos tenu par le  ministre de l’Économie, de la prospective et de la programmation du développement, Régis Immongault, devant le gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC), Lucas Abaga Nchama, à la faveur d’une réunion du comité monétaire et financier national le 3 novembre à Libreville. Un aveu qui vient une nouvelle fois corroborer les perspectives négatives auxquelles devra faire face l’économie gabonaise dans les mois à venir.

Les causes de cette conjoncture sont connues, le gouvernement évoque en premier lieu, l’effondrement des cours du baril et sa mévente au plan international, il en ressort d’après certaines observations que l’Etat a également manqué de vigilance et de prudence dans la prise de mesures pouvant éviter la crise actuelle. Cette situation s’est accentuée avec une déperdition des ressources, des doublons dans les postes de dépenses et un train de vie outrancier ces dernières années.

Il est a noté que le marasme économique dans lequel semble s’être empêtré le pays aurait pu être évité « si les gestionnaires de crédits avaient fait preuve de discipline budgétaire en priorisant la qualité de la dépense, les affectations objectives de ressources et la bonne gouvernance ».

« S’agissant par exemple du fonctionnement de l’administration, les autorités ont multiplié la création de structures budgétivores qui obèrent fortement et considérablement l’atteinte des objectifs de croissance et de développement. L’on assiste par exemple à la prolifération des agences dans chaque département ministériel, avec pour conséquence, les doublons dans les missions, les chevauchements dans l’exécution des tâches et des déperditions de ressources financières.  Pour le ministère de l’Agriculture par exemple, l’on en compte sept » nous rapporte le site Gabon économie.

Des choix qui peuvent amener à un certain nombre de questionnement lorsqu’on sait que pour la plupart, ces agences remplissent les mêmes missions dévolues aux structures ministérielles, causant ainsi « les doublons dans les missions, les chevauchements dans l’exécution des tâches et des déperditions de ressources financières ».

En outre, nous pouvons aussi noter que la prédilection qu’à le gouvernement d’adopter un train de vie dispendieux a fini de plomber les finances publiques. Comme illustration de ces choix inappropriés, « pour l’exercice 2014 les concessionnaires ont vendu 5 774 voitures au Gabon, plus de 60% de ces achats ont été l’œuvre de l’Etat qui dépense des dizaines de milliards de FCFA chaque année pour l’acquisition de matériel roulant. »

En conséquence, nous pouvons observer que le gouvernement peine depuis quelques années à remplir ses engagements, d’une part, auprès de ses partenaires, mais aussi des fonctionnaires, à l’exemple des agents de la direction générale des impôts qui n’ont pas perçu leurs primes depuis des mois. Toute chose qui laisse à craindre un assèchement prochain des caisses de l’Etat, si des mesures courageuses ne sont pas prises à temps.

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