Propos recueillis en marge du grand meeting de l’opposition à Nkembo

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Mardi de la semaine en cours, une partie des candidats de l’opposition gabonaise s’est rassemblée au rond-point de Nkembo, précisément dans le 2em arrondissement de Libreville. Cette rencontre avait pour but de présenter aux partisans des trois principaux candidats la personnalité autour de laquelle deux d’entre eux se sont ralliés.

Cette nouvelle coalition, issue du retrait de Guy Nzouba Ndama et de Casimir Oye-Mba au profit de Jean Ping a suscité de l’enthousiasme au sein de l’opinion, aussi bien au niveau national que dans la diaspora. Étant un tournant décisif du déroulement de cette campagne, nous avons recueilli les avis de certains membres de la société civile et des partis politiques.

Patrick Nzogue, coordinateur des jeunes de l’Union nationale (UN) :  « C’est un sentiment d’accomplissement d’un effort, car réunir les fils d’un même pays qui ont des ambitions démesurées, ambitions hors normes mais égales. Réunir ses trois fils et choisir un seul  pour représenter la patrie qui est aux mains du diable d’Ali Bongo est un signe d’encouragement, un signe de victoire à l’horizon. Cette journée  marque l’histoire de la politique gabonaise, parce que ce que, ce que nous vivons aujourd’hui, nous ne l’avons jamais vécu. La journée de cet après-midi sera pour nous une fin de l’égo surdimensionné et une réussite totale. En tant que coordinateur des jeunes pour la campagne du candidat Casimir Oye Mba, nous avons décidé de suivre notre candidat dans cette démarche. Il a donné son aval et a suivi la voix du peuple en se retirant au profit de la candidature de Jean Ping, une candidature unique et nous jeunes qui l’accompagnons dans ce combat ne pouvons que suivre ses pas ».

Barack Nyare Mba, blogueur : «  Je pense qu’une page considérable et remarquable de l’histoire du Gabon a été écrite lors de cette désignation. Depuis l’avènement de la démocratie le peuple a toujours demandé aux leaders de l’opposition de désigner un seul candidat pour battre l’ogre PDG. Aujourd’hui cela a été fait, ce qui à n’en point douter satisfait le peuple de l’opposition dans son entièreté. Certains trouvent que cette désignation est inique parce qu’elle est tout simplement extraordinaire. Avec cette candidature unique les opposant multiplient par trois leur chance de victoire ».

Issani Rendjambe, poète : « J’accueille cette nouvelle avec beaucoup de joie et d’espoir. Pour la première fois des candidats d’envergure s’unissent à la demande du peuple pour libérer notre pays. Ils ont su taire leurs égos et mettre l’intérêt supérieur du pays en avant. C’est un acte patriotique de plus haut point et pour cela, je voudrais foncièrement remercier Guy Nzouba Ndama et Casimir Oye-Mba. »

José L. Mene Berre, président du mouvement de la Fédéralitude : Voici mon analyse de la situation sans trop développer. «  Depuis l’avènement de la démocratie au début des années 90 au Gabon, le système électoral gabonais avait été concocté en tenant compte des réalités socio-politiques du pays afin de perpétuer la conservation du pouvoir par un clan. Ce système électoral basé sur le scrutin uninominal majoritaire à un tour pour l’élection du président de la république devait garantir deux choses : empêcher la perte du pouvoir par le père Bongo face à tout opposant politique et favoriser au besoin la reprise du pouvoir par un proche en cas de menace par un challenger qui n’appartiendrait pas au système PDG. L’alliance pour une candidature unique à laquelle nous avons assisté le 16 août 2016 par d’anciens barons du système met sérieusement, et pour la première fois, en difficulté les deux verrous imaginés par le système PDG. Le candidat unique est maintenant une sorte de fer de la véritable lance que constitue aujourd’hui le peuple gabonais acculé par la misère. »

Marcel Djabioh, membre de l’Union nationale : « Chaque citoyen a des droits et des devoirs. Il se trouve que l’article premier de notre Constitution dispose en son alinéa 21 que : “ Chaque citoyen a le devoir de défendre la patrie et l’obligation de protéger et de respecter la Constitution, les lois et les règlements de la République ” De ce fait, lorsque la Patrie est en danger, parce que menacée par un système politique autocratique, une gouvernance approximative, une gestion calamiteuse des ressources de l’Etat qui accentue le mal-être de plus d’un tiers de la population, la perte vertigineuse de nos valeurs culturelles et une fracture sociale inquiétante, il est du devoir des patriotes qui aiment véritablement leur Patrie, de la défendre. Sauf à faire semblant, le Gabon notre Patrie est en danger. Aussi, la démarche ayant abouti à la désignation consensuelle d’un porte étendard d’une partie de l’opposition à la prochaine élection présidentielle, est d’abord pour le patriote que je suis, la preuve que ceux qui l’ont initiée et les candidats qui ont volontairement accepté d’y souscrire placent le Gabon au-dessus de tout autre chose. Elle démontre ensuite, que contrairement aux personnes qui incarnent le pouvoir actuel, certains de nos acteurs politiques de l’opposition sont aptes et disposés à écouter la voix du peuple.et à s’y soumettre avec humilité. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui au Gabon est un fait inédit en Afrique et nous devrions nous en réjouir, non sans féliciter Messieurs Casimir Oye-Mba, Guy Nzouba-Ndama et Jean Ping, pour avoir accepté de se soumettre à cet exercice initié par le Président de l’Union Nationale, M. Zacharie Myboto, sans qui ceci n’aurait pu se réaliser. De mon point de vue, les premières lignes d’une nouvelle page de l’histoire du Gabon ont commencé à être écrites ce 16 août 2016. Ces leaders ayant fait leur part en désignant Jean Ping comme leur porte étendard, reste maintenant au peuple qui l’a souhaité, de leur renvoyer l’ascenseur en s’unissant à leurs côtés avec détermination, pour la libération de la Patrie. »

Laurence Ndong, Chercheuse: « ce qui s’est passé avant-hier montre que notre pays est à un tournant crucial de son histoire et ses dignes fils Guy Nzouba Ndama, Casimir Oye Mba, Jean Ping et leurs états-majors respectifs ont montré l’exemple de ce que signifie faire passer l’intérêt de la nation avant l’intérêt personnel. Parce que Gabon d’abord, parce que le Gabon est pour tous et un Gabon à l’abri du besoin et de la peur, je soutiens le candidat consensuel de l’opposition gabonaise M Jean Ping. Et j’invite tous les partisans de l’alternance à leur emboîter le pas. Nous avons un seul leitmotiv, tout sauf Ali Bongo, et l’acte de décès du régime Bongo-PDG a été signé mardi. Vive le Gabon libre ! »

Jean-Pierre Rougou, Vice-président de l’Union nationale : «  Chapeau bas à nos leaders qui ont mis en premier l’intérêt du Gabon. Je pense que le peuple devrait traduire sur le terrain et dans les urnes les promesses de cette unité réalisée. »

Gloria Mika Ndzila, mannequin :   « le 16 août 2016 est un jour qui marque l’histoire de notre pays le Gabon. A mon sens, la marche vers la liberté est longue et comme nous avons pu l’observer face à l’histoire du monde, il me paraît important de rester lucide et de ne pas nous faire d’illusions. Nous récoltons ce que nous avons semé pendant des décennies, le mode de fonctionnement, les habitudes et perceptions ne changent pas du jour au lendemain, ça prendra un certain temps. Mais pour l’heure, sachions apprécier modestement les petites victoires qui sont les fruits des efforts de beaucoup de personnes pour rapprocher nos leaders politique parce qu’il semble que ce soit ce que le peuple gabonais veut dans un premier temps. Voyons comment avancer ensemble maintenant au nom de l’intérêt supérieur, les prochains jours vont être déterminant. Les petits mouvements et associations au Gabon et en dehors du Gabon devraient faire l’effort de se rapprocher et de s’organiser pour travailler main dans la main afin de se donner toutes les chances de disqualifier Ali Bongo Ondimba par tous les moyens que nous décidons de mettre en place. Unis dans la Concorde et dans la Fraternité, éveille toi Gabon. Je soutiens l’Union de l’opposition. »

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