Pourquoi Ali Bongo veut-il un dialogue national inclusif ?

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Désigné vainqueur provisoire contre toute attente le 31 août 2016 par Pacôme Moubelet-Boubeya à l’époque Ministre de l’Intérieur, lui qui, à l’endroit de Léon Paul déclarait : «Aucun opposant ne pourra être élu tant que je serai ministre de l’Intérieur et même (…)»  n’avait fait que confirmer son propos.  

La chronologie des faits menant à l’appel au dialogue

Confirmé, le 23 septembre 2016 par la  Cour constitutionnelle à la magistrature suprême, Ali Bongo a juré sur la constitution gabonaise le 27 septembre dernier devant le Parlement, et la Cour Constitutionnelle, la main gauche posée sur la Constitution, la main droite levée devant le drapeau national. Ali Bongo a sans état d’âme prononcé le serment suivant : «Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du Peuple Gabonais, en vue d’assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’Etat de Droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d’être juste envers tous.»

Le mandat précédent étant en cours, et devant prendre fin le 16 octobre, date de la prestation de serment, selon l’article 12 de la Constitution issu de la Loi N°47/2010 du 12 janvier 2011 a été purement et simplement violé.

Fort de ces violations successives et de l’accaparement du pouvoir par un clan qui a su au vu et au su de toutes les personnes avisées et des observateurs internationaux, ignorer les suffrages exprimés des gabonais qui l’ont valablement sanctionné en votant massivement le 27 août dernier son principal adversaire Jean Ping, Ali Bongo sort la stratégie du dialogue pour tenter de se donner une légitimité.

L’appel au dialogue d’Ali Bongo est mal fondé

Face aux parlementaires réunis en congrès le 14 septembre 2012, Ali Bongo Ondimba s’est fendu dans une déclaration au cours de laquelle il a rejeté, l’appel au dialogue lancé par les force vive de la nation à l’époque. «Je ne dialoguerai pas avec des personnes qui ne respectent ni les institutions de leur propre pays, ni ceux qui les incarnent, encore moins les Lois de la République.»  déclarait-il.

Aujourd’hui, Ali Bongo Ondimba a fini par opter pour le dialogue pourtant la messe fut dite au plus fort de la constatation de sa légitimité lui, dont l’élection de 2009 n’avait jamais été reconnue par le principal parti de l’opposition, l’Union nationale.

L’appel au dialogue d’Ali Bongo est mal fondé car il a été donné gagnant par la Cour constitutionnelle avec 49% des suffrages en 2009, de cette illégitimité constitutionnelle il n’a pas souhaité dialoguer. En 2016, par les mêmes procédés, les institutions de la République lui ont octroyé 56%, une légitimité qui finalement le convainc au dialogue. Lui qui n’en avait pas besoin hier, en ressent aujourd’hui le besoin.

Pourquoi Ali Bongo Ondimba est-il favorable aujourd’hui ?

Après un septennat vide de réformes infrastructurelles, le Gabon est endetté. Au point où même de simples primes ne sont plus payées. Le Gabon en est à emprunter 7 milliards sur les marchés financiers pour payer les salaires.

Ali Bongo Ondimba n’aurait-il plus aucune offre politique à proposer aux gabonais? Aucun  projet ? Aucune vision ? La seule chose qui permettrait  de solliciter le dialogue national inclusif auquel il a opposé une fin de non recevoir depuis 2012 est d’une part, phagocyter l’opposition qui a connu courant août 2016 une unité qui lui été fatale. D’autre part, conserver le  pouvoir. Ali Bongo Ondimba veut le pouvoir pour le pouvoir. “ Sa main tendue est trop courte…” fustige la classe politique qui lui est hostile. En effet, elle porte en elle le défaut d’être une simple redistribution du fameux gâteau tant décrié. «Son dialogue national  inscrit sous l’angle de la politique politicienne, s’apparente plus à un baiser du diable» constatait un internaute.   

Dans le contexte actuel, y aller, ne serait pas déclencher l’ultime processus qui mène à la mort de la République?

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