Point de vue : J’excuse l’ignorance du DG du CHUL

0

L’Observatoire nationale des prisons et alliés, a observé le lundi 11 juillet 2016 une journée lundi noir dans les locaux de la commission nationale des droits de l’Homme, pour solennellement excuser l’ignorance aux relents morbides du directeur général du Centre hospitalier Universitaire de Libreville, Chul , face à sa requête relative à la restitution du dossier médical d’un de ses anciens patients , feu Ndonmbi Bignoumba Thérence, ou de toute information y relative. Une demande exprimée sans succès depuis plus six mois, sur fond de poursuites judiciaires.

« Je ne restituerais ce dossier à la famille que si le ministère de la justice me le demande » dixit sur fond de grossière méconnaissance, Dr Bayé, du haut de son piédestal de directeur général du Centre hospitalier universitaire de Libreville, Chul. Une décélération qui tranche avec les principes encadrant le traitement du dossier médical à travers le monde. Principes qui reconnaissent à toute personne le droit d’accéder aux informations relatives à sa santé, détenues par un professionnel ou un établissement de santé public ou privé.

Mieux, l’attente de ce qui semble s’apparenter à une injonction émanent du ministère de la justice, confine à des comportements nostalgiques d’un autre âge, disons, à des funestes temps des rapports incestueux entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Une triste période du règne de la justice des puissants, qui était synonyme de caporalisation à outrance de l’appareil judiciaire par le politique. En porte à faux avec cette vision passéiste, nous restons après dépôt d’une plainte contre ces agissements barbares devant le tribunal de première instance de Libreville, dans l’attente d’une décision de justice, et non d’une injonction du ministère de la justice dont une quelconque interférence ne saurait être tolérée.

Face à l’outrecuidance du Dr Bayé de se refuser à restituer le dossier médical querellé, ou toute autre information y relative, aux frères et sœurs du défunt, nous opposons les dispositions universelles reconnues en matière, qui prévoient qu’en l’absence du conjoint successible, puisque feu Therence Ndombi Bingoumba a été poussé à la mort alors qu’il n’était qu’élève en classe de 2nde. Les parents sont dans le cas d’espèce, appelés à succéder ainsi qu’il suit :

  1. les enfants et leurs descendants ;
  2. les père et mère ; les frères et sœurs et les descendants de ces derniers ;

A la lumière de ce qui précède, point donc question de vouloir réinventer la roue, à moins d’envisager de se draper de prétextes qui dissimulent très mal, un flagrant déni de vérité.

En appoint à la volonté de la famille biologique du défunt, relative à la manifestation de la vérité sur les circonstances de cette mort, l’Observatoire national des prisons n’engage à ne point aller de main morte. Un tandem, en phase avec les dispositions de l’Organisation mondiale de santé, qui prévoient, que sauf volonté contraire opposée par la personne avant son décès, le secret médical ne fait pas obstacle à ce que les informations médicales concernant une personne décédée soient délivrées à ses ayants droit, dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre : soit de connaître les causes de la mort, soit de défendre la mémoire du défunt, ou encore de faire valoir leurs droits.

Rappelons que Ndonmbi Bignoumba Thérence a trouvé la mort lors de sa détention préventive à la prison centrale de Libreville dans la nuit du 16 au 17 janvier 2016, sans que la preuve de sa culpabilité ait été prouvée. Une mort survenue à la suite d’un cas de non assistance à personne en danger, après que les gardiens de prison aient crânement refusé de lui permettre d’avoir accès à ses médicaments recommandés par son médecin traitant. Un tel acharnement contre le droit à la vie et contre le droit à la santé aux personnes placées en milieu privatif de liberté, ne saurait requérir la caution des militants des droits de l’Homme.

Nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin, face à cet entêtement visant à tordre le bras aux principes universels de droit, au nom d’une posture éclairée de l’ombre de la vérité.

                                 Le Président de l’Observatoire National des Prisons

                                             Marc Ulrich MALEKOU-MA-MALEKOU

Laisser un commentaire