Octobre Rose : Fixation de quota et pénurie de kits de dépistage observées

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Lancée en grande pompe le 4 octobre de l’année en cours, la 3eme édition de l’Octobre Rose au Gabon aura fait des unanimes du moins durant les premières semaines.

Interpellé par les plaintes ci et là de femmes ayant eu des difficultés à faire leur test de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, notre équipe pour plus de lumière s’est engagée à suivre le processus de dépistage et c’est au Centre hospitalier universitaire d’Angondjé que nous nous sommes rendus dans un premier temps.

Là-bas,  grande fut notre surprise d’apprendre à l’accueil que nous ne pourrions pas être pris car les listes étaient déjà closes et qu’il nous fallait revenir après le mois d’octobre alors même que nous ne sommes qu’au 20 octobre. C’est du moins ce que nous avons retenu après qu’une des dames de l’accueil nous ait répondu en ces termes, « nous ne pouvons plus vous prendre, car dans le cadre de la campagne nous avons atteint le quota, où vivez-vous? Vous pouvez aller dans les centres de santé d’Okala, de Louis ou de glace. Là-bas, vous serez reçu, par contre, si vous préférez attendre, revenez après le mois d’octobre et on pourra vous acceptez ».

Information du moins étrange car le 4 octobre, lors de la cérémonie de lancement de cette 3ème campagne de sensibilisation à Angondjé,  précisément à la maison d’Alice structure d’accueil des patients atteints de cancer, Le docteur Nathalie Ambounda Ledaga, directrice du programme national de lutte contre le cancer  avait au cours de son  allocution précisé «  l’objectif  de cette campagne est que d’ici 10 à 15 ans que les femmes viennent spontanément, d’elles-mêmes vers les unités de dépistage (…) pour un plus grand nombre de dépistage précoce ». Cette dernière fut d’ailleurs accompagnée dans ces propos par Legrand Erwan, directeur de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba qui affirmait alors « Nous avons pour mission de parler du cancer, informer, mobiliser, convaincre les femmes de se faire dépister, leur donner de l’espoir ».

Si l’initiative semble louable, elle mérite néanmoins un peu plus de suivi sur le terrain. Comment comprendre qu’avant même la fin de la campagne, certains centres de dépistage refusent du monde ?

Qu’à cela ne tienne, nous avons décidé de nous rendre au dispensaire d’Okala, centre de santé le plus proche du CHUA. Là aussi nous n’avons pas pu effectuer de dépistage non pas pour raison de quota, mais par manque de matériel. « Nous sommes en rupture et n’avons plus les tiges qui nous permettent de faire le dépistage » nous lance une sage-femme rencontrée sur les lieux « revenez demain matin très tôt ». Notons au passage que l’une des activités de la FSBO pour cette 3ème campagne est de doter les centres de détection précoce en matériel nécessaire pour les  activités liées à Octobre Rose

Rendez-vous pris pour le lendemain, nous sommes arrivés au centre de santé d’Okala où à 8h13 premier fait marquant, il n’y avait personne en charge de recevoir les femmes venues pour le dépistage. Simple consigne donnée,  mettre son nom sur une feuille et attendre. Attendre quoi? Qui ? Et jusqu’à quand ? Aucune des femmes en salle d’attente n’étaient situées. Pas d’information, pas de prise de contact, ni d’entretien préalable jusqu’à 9h24, heure à laquelle est arrivée dame Cathy visiblement en charge d’effectuer les tests des cancers du col de l’utérus et du sein.

Il est alors 9h31 minutes lorsque cette dernière commence à recevoir les patients d’une liste de 14 personnes qu’elle estimera quelques minutes plus tard pleine car à 9h53, les dames venues expressément pour effectuer le test ont été invitées à revenir lundi. Là encore, cette façon de faire ne cadre pas avec l’un des objectifs de la FSBO qui est de convaincre le plus grand nombre de femmes à se faire dépister.

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