Magistrats et greffiers toujours en grève générale illimitée

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Bientôt un mois que l’appareil judiciaire gabonais est à l’arrêt, pour cause la grève générale illimitée lancée d’une part par l’ensemble des magistrats des ordres judiciaires, administratifs et financiers réunis au sein du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), mais aussi par le Syndicat national des greffiers (Synagref). Un mouvement d’humeur qui paralyse donc le fonctionnement de la justice sans que cela n’affecte le gouvernement.

Lancée il y a un peu plus d’un mois, le 24 novembre en l’occurrence, la grève générale illimitée des magistrats semble perdurer sans que le ministère de tutelle puisse apporter des solutions au cahier de charge soumis à son appréciation. Pour rappel, au cours d’une assemblée générale qu’ils avaient tenu le lundi 12 décembre à la salle d’apparat du palais de justice de Libreville, le Synamag avait décidé de prolonger leur mouvement d’humeur. Cette décision avait été prise après une réunion avec le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Alexis Boutamba Mbina.

Selon le secrétaire général du Synamag, Justin Loundou, ce dernier en parlant du paiement de la prime d’incitation à la performance (PIP), avait dit « il sera difficile de payer avant la Coupe d’Afrique des nations, pour le gouvernement la priorité c’est l’organisation de cette compétition, voilà les propos du ministre ». Concernant les autres points inscrits dans le cahier de charge jusqu’à ce jour rien ne semble avoir bougé.

Par ailleurs, le Syndicat national des greffiers a emboîté le pas aux magistrats le 19 décembre dernier, paralysant de ce fait l’ensemble de l’appareil judiciaire du pays. Ces derniers revendiquent entre autre un nouveau projet statutaire, l’organisation d’un concours professionnel interne, l’instauration de la carte professionnelle, le paiement de la prime d’incitation à la performance (PIP), la réfection des locaux de travail, et des solutions aux effectifs pléthoriques observés au secrétariat du parquet de Libreville. Malheureusement comme les magistrats, leurs revendications peinent à être prise en compte par la tutelle, le président de ce syndicat Me Boupenga avait indiqué d’ailleurs que « les travaux ont accouché d’une souris. La tutelle n’a pas répondu assez clairement et concrètement aux attentes des greffiers exprimées par le syndicat ».

Cette situation déplorable donne l’image d’un système judiciaire en lambeau, les magistrats et greffiers, depuis plusieurs semaines dénoncent le mépris dont ils sont victimes. Et le silence assourdissant dans lequel semble se murer le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Alexis Boutamba Mbina, confirme l’idée selon laquelle la priorité pour le gouvernement gabonais est l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2017. Mais au-delà de l’administration judiciaire représentée par les magistrats et les greffiers, c’est le peuple Gabonais, au nom duquel la Justice est rendue qui voit ses droits foulés au pied de la lettre par l’exécutif.

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