Liberté de la presse au Gabon : entre entrave et déni d’un acquis constitutionnellement consacrée

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La liberté de réunion et la liberté d’expression sont deux libertés réaffirmées solennellement par le Peuple Gabonais au sein de la Charte Nationale des Libertés du 26 Juillet 1990 issue de la loi N° 2/90 du 26 Juillet 1990 portant ratification de la Charte Nationale des Libertés au lendemain de la Conférence Nationale sur la Démocratie tenue à Libreville du 23 mars au 19 avril 1990. L’une est la condition sine qua non du libre exercice de l’autre. Que ce soit en privé ou en public dans un régime démocratique, comme la France, clandestinement dans un régime répressif comme le Gabon, les êtres humains où qu’ils vivent sont naturellement mués par le besoin irrépressible de se réunir.

Qu’il s’agisse d’un rassemblement des syndicalistes (cas des enseignants à Martin Oulabou), de grévistes de la faim (déflatés de la CNSS à Saint Marie) ou d’un rassemblement en vue d’une contestation légitime (élèves du lycée Paul Indjendjet Gondjout), le gouvernement par le biais de ses bras armés policiers et gendarmes reconnus comme plus grandes forces du désordre devant l’opinion ou de l’expression de la liberté d’opinion d’un média comme ce fut le cas avec la tentative d’entrave à la liberté d’expression de l’Hebdomadaire La Loupe au moment où il publiait : « Les gabonais menacés de disparition. A l’heure de l’émergence tant ventée en 2015, il n’y aura plus de Gabonais autochtones dans la zone de ’’Petit-Paris-Mont Bouet’’ ». Récemment, les hebdomadaires, l’Aube, Échos du Nord et La Une ont fait l’objet d’une citation directe en correctionnelle pour avoir informé l’opinion sur la livraison d’une cargaison d’armes en provenance d’Europe pour le Gabon. L’information a été relayée sur la base d’une lettre du ministre de la Défense nationale à son collègue des transports visant à faciliter ladite livraison. Dans un pays où la liberté de presse est consacrée non seulement par la constitution, mais aussi par des textes supranationaux, des journalistes peuvent-ils être inquiété pour avoir informé sur la base d’une lettre officielle l’opinion ?

Est-ce à dire que ces libertés ne sont que des utopies établies pour montrer à la face du monde une parodie de démocratie, mais qui vue de l’intérieur n’est qu’une dictature favorable à la pensée unique et réprimant sévèrement toute contestation quelle qu’elle soit.

La liberté de la presse est l’archétype de la liberté d’expression, elle mentale en ce qu’elle est inhérente à la nature humaine. La liberté expression est au fondement de tous les échanges entre les hommes et constitue le support indispensable à la libre réunion. Elle est le véhicule des opinions et des pensées des individus.

Consubstantielle aux autres libertés, la liberté de la presse assure aux orateurs la possibilité d’une diffusion plus large de leurs messages quel que soit le support, audio, vidéo ou écrit voir même virtuel. La liberté de la presse permet dans l’absolu l’expression de la liberté politique dans une société démocratique. Reconnue dans l’article 11 la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, déclaration dont la valeur constitutionnelle est consacrée dispose que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

En cette journée mondiale de la liberté de la presse, il convient de le rappeler à tous ceux qui s’érigent contre son libre exercice, qu’elle n’est pas méconnue par les textes en vigueur au Gabon, elle est le fruit d’une lutte continuelle, la dénier ou l’entraver est une violation de la constitution qui n’honore pas notre pays.

© crédit photo: http://reseauinternational.net/

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