Les raisons du report de la rentrée des classes

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Habituellement prévue pour début octobre, la rentrée scolaire de l’année académique 2016-2017 est un échec, certainement le premier du gouvernement dit d’ouverture d’Emmanuel Issoze-Ngodet.

Quels sont les facteurs du report de la rentrée des classes? Nous tenterons d’apporter une réponse au regard des difficultés évoquées par le ministre et les revendications du principal syndicat de l’Education nationale.

Annoncée pour le 17 octobre à venir par le Ministre de l’Éducation Nationale, Florentin Moussavou, la rentrée scolaire ne se tiendra finalement plus à cette date pour les établissements publics. Ceux du secteur privé  sont autorisés à reprendre les cours a annoncé le gouvernement ce mardi soir à la télévision nationale.

Sur les raisons sécuritaires

Les grandes artères de la capitale sont occupées de forces de défense et de sécurité armés. Ce qui laisse supposer une menace éventuelle. Au Rond point de la démocratie où les agents de la police nationale sont présents en permanence depuis plusieurs les riverains rencontrés ne cessent de se questionner sur les véritables raisons de leur présence.

Une source indépendante a confie au quotidien en ligne Gabonactu.com « que le gouvernement craindrait pour la sécurité des élèves ». Précisant que « des syndicalistes du secteur de l’éducation de connivence avec l’opposition prépareraient un plan de paralysie du pays via les élèves. Ces derniers seraient appelés à participer à des mouvements de rue sous le prétexte de réclamer leurs enseignants en grève et ainsi servir de chaire à canon.»

De même, des internautes promettent des actions pour le 15 octobre prochain visant à contester le pour d’Ali Bongo Ondimba.

Sur organisation de la rentrée des classes

Le report de la rentrée des classes trouverait sa justification dans l’organisation à proprement parlé de la rentrée scolaire. La volonté d’inscrire les élèves admis en 6ème et ceux admis en 2nde dans les établissements proches de leur résidence est évoquée en coulisse. Ce travail prendrait plus de temps que prévu, ce qui justifie les reports successifs. Le gouvernement évoque également un projet d’affectation et de mutation des chefs d’établissements.

D’un côté les syndicats réunis au sein de la Convention nationale des syndicats du secteur Éducation  (Conasysed) qui ont très vite conditionné la rentrée scolaire par la réalisation d’un certain nombre de points inscrits dans leur cahier de charges. Les principaux étant la libération immédiate des leaders syndicaux arrêtés et le retour à un climat propice au déroulement des cours. De l’autre côté, le gouvernement qui ne dit pas les véritables raisons du report de la rentrée scolaire. Les deux parties n’ayant pas pris la peine de réfléchir ensemble sur les problèmes qui les divisent, se retrouvent dans un bras de fer qui affecte foncièrement la rentrée scolaire.

Ce désaccord pénalise les élèves et les parents d’élèves. Combien d’établissements sont-ils prêts à les accueillir ? « Le manque d’infrastructures affecte l’école gabonaise » nous confie un fonctionnaire du ministère de l’Education nationale, faisant remarquer qu’ « à owendo, une commune de plein exercice, doté de deux arrondissements, il n y a pas de Lycée public d’enseignement général.»

En attendant la prochaine date de la rentrée, notons également que les revendications des syndicats nécessitent d’importantes sommes d’argent pour le paiement de la prime d’incitation à la performance  (PIP) , des vacations, des rappels de nombreux agents,..etc.

Il est évident, que l’ensemble des problèmes ne pourra pas être réglé par un décret ou un arrêté. Les partenaires devront s’asseoir pour trouver les solutions idoines à la reprise effective et sans interruption des cours. Sinon,  qu’adviendra t-il du système éducatif gabonais ?

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