Les magistrats suspendent les audiences pour 15 jours

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C’est l’annonce faite par le Syndicat national des magistrats gabonais (SYNAMAG) au sortir de l’assemblée générale qui s’est tenue ce Jeudi 24 novembre au palais de justice de Libreville, cette décision d’entrer en grève fait suite à la non satisfaction par le gouvernement des points de revendication des magistrats.

Faisant tout d’abord le compte rendu des négociations consécutives au préavis de grève déposé le 2 novembre dernier, le secrétaire général du Synamag, Stanislas Koumba a rappelé que, « les négociations avaient commencé le mardi 8 novembre dernier » et qu’elles ont donné lieu à « trois séances de travail, dont l’une élargie au ministre de la Fonction publique et ses techniciens », bien que le ministre ait « fait montre d’une volonté à trouver rapidement des solutions » aux revendications des magistrats, celui-ci s’est « abrité derrière le fait que sa nomination est intervenue à la veille de la rentrée judiciaire. A cette occasion, nous n’avons pas manqué de lui rappeler les principes qui gouvernent le fonctionnement des services publics, notamment la continuité des services publics, nous avons également fait constater que les magistrats du Gabon ne sont pas traités comme un pouvoir mais plutôt comme des simples agents publics » a poursuivi Stanislas Koumba, avant de révéler qu’ « à ce jour aucune revendication n’a trouvé satisfaction ».  

Sur le points de discussion engagés avec le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Alexis Boutamba Mbina, le Syndicat national des magistrats du Gabon, a rappelé que 6 points faisaient l’objet de négociation, notamment, la mise à disposition des bâtiments devant abriter les tribunaux administratifs de Port-Gentil et Franceville, l’attribution de l’immeuble de Batterie VI aux juridictions administratives occupé actuellement par les services du Ministère de l’Egalité des Chances, le point relatif à la prime d’incitation à la performance (PIP), la non application du décret 404 du 20 août 2015 aux magistrats hors hiérarchie, le 5ème point concerne la difficulté rencontrée par les jeunes magistrats à se procurer les costumes d’audience, et enfin l’affectation des magistrats de l’ordre judiciaire dans l’ordre administratif. Au vu de tous ces points le ministre a argué le manque de liquidité dans les caisses de l’Etat pour certaines revendications et s’est borné à rassurer les magistrats sur sa volonté de trouver des solutions au plus vite.

Toutes choses qui ont conduit le Synamag après consultation et vote à main levée de l’ensemble de ses membres, à lancer une grève d’avertissement d’une durée de 15 jours afin d’attirer l’attention du gouvernement sur le « traitement des jeunes magistrats » et des points de revendication qui tardent à trouver des solutions adéquates. « il faut qu’on sache exactement où est la place du magistrat dans ce pays, parce que lorsqu’on décide de quelque chose les magistrats sont souvent les derniers à bénéficier de quoi que ce soit, nous sommes un pouvoir et le ministre nous le dit, je crois que le président de la République nous l’a dit, que nous sommes un pouvoir nous ne devons pas nous comporter comme tout le monde, nous devons avoir un comportement plus responsable, mais malgré ça ce sont eux qui ne nous prennent pas au sérieux » a fait observer le président du Synamag, Germain Nguema Ella, concluant par la suite que « la grève, on nous a poussé à y être et elle a été votée unanimement par tous les magistrats qui ont assisté à l’assemblée générale »

© Crédit photo : mazleck info

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