L’élection présidentielle gabonaise en débat au Sénat français

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L’élection présidentielle du 27 août dernier n’a pas fini de nourrir le débat sur le plan national et international. Alors que le rapport de la mission d’observation de l’Union européenne est attendu pour ce 24 novembre 2016, la question a été évoquée, aujourd’hui, lors de la séance de questions d’actualités au gouvernement au sein du Sénat français.  

En effet, le sénateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) du Haut-Rhin (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine), par ailleurs Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Jean Marie Bockel, a interpellé le gouvernement sur la position de la France sur l’élection présidentielle au Gabon, qui pour rappel, continue d’alimenter  le débat au sein de l’opinion.

Il a tout d’abord  rappelé le climat dans lequel s’est déroulé l’élection, évoquant le doute qui subsiste quant aux résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle «L’élection présidentielle du 27 août dernier n’a pu consacrer la victoire d’Ali Bongo qu’au prix de la mobilisation de 95 % des électeurs de sa province du Haut-Ogooué qui auraient voté presque unanimement pour le Président-candidat». Et d’ajouter, «Personne ne saurait être dupe d’un tel résultat. D’ailleurs, la France, l’Union Européenne et les États-Unis ont émis un doute sérieux sur la défaite proclamée de Jean Ping qui, en réalité, a largement gagné cette élection».

Sur les violences qui ont suivi la proclamation des résultats, il a révélé que « le siège de campagne de Jean Ping a été attaqué à l’arme lourde. Des arrestations ont eu lieu, elles se poursuivent encore. On dénombre des dizaines de morts et autant de disparus ». Pour le sénateur « cette situation n’est tolérable pour personne ».

En outre, interpellant le ministre des Affaires Étrangères, Jean Marc Ayrault, il a souligné que « Nous entretenons une relation privilégiée avec le Gabon, qui est notre allié et avec qui nous partageons une Histoire commune. Autant il ne nous revient pas d’arbitrer un conflit politique interne à un État indépendant, autant monsieur le ministre, la France ne peut rester passive devant un tel déni démocratique ».

En réponse à l’interpellation du sénateur Jean Marie Bockel, le ministre des Affaires Étrangères, a préalablement rappelé la relation d’amitié qui lie la France et le Gabon  et que la situation que traverse ce pays ne pouvait pas le laisser indifférent. Toutefois, Jean Marc Ayrault a souligné que « la France n’avait pas à choisir entre l’un ou l’autre des candidats », « tout au long du processus nous avons été attentifs au respect de la sincérité du scrutin et au règlement de la contestation des résultats par les voies juridictionnelles ». a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Jean Marc Ayrault a relevé que la présentation du rapport de la mission d’observation de l’Union européenne « devrait permettre une clarification des conditions dans lesquels les élections se sont déroulées ». Rappelant en substance avoir soutenu les efforts de la Communauté internationale « en faveur de l’apaisement » pour éviter un nouvel enlisement de la situation. Il a évoqué la tenue prochaine des élections législatives, en souhaitant « que cette nouvelle élection à venir au Gabon soit l’occasion de sortir de la crise politique actuelle. »

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