Le Peuple gabonais  expérimente « le Silence de la Contestation » 

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Le constat que fait le peuple à la sortie du verdict de cette élection présidentielle du 27 août dernier est généralisé. Les rues sont vides. Les vainqueurs de ladite élection ne manifestent aucune fierté comme des partisans normaux vainqueurs d’une élection. Le peuple gabonais est silencieux, appliquant ainsi la consigne du Président élu Jean Ping : « soyez vigilants et restez chez vous ».

Cette posture du peuple gabonais nous rappelle bien le titre de l’œuvre poétique très engagée « Silences de la Contestation »  du jeune écrivain Benicien Bouschedy. Le peuple, depuis la proclamation des résultats de la présidentielle par Marie Madeleine Mborantsou, observe un silence qui inquiète bien plus qu’il ne rassure Ali Bongo et les siens de leur victoire. Victoire?

« C’est un silence qui conteste le résultat proclamé par la Cour Constitutionnelle. Ali Bongo et ses institutions à la con viennent de nous voler notre fierté d’être Gabonais. Au lieu de fêter leur victoire, nous lisons chez les PDgistes une peur inquiétante. Ali croyait que les Gabonais manifestent leur colère comme le 30 août dernier. Ainsi le pouvoir dictatorial a dépêché l’armée dans toutes les rues de la capitale et même à l’intérieur du pays. Et depuis, des avions de guerre volent le toit gabonais sans raison. Finalement c’est Ali Bongo qui a peur du silence des Gabonais. C’est un silence bruyant », confie Davy Patrick Nguéma dans les bas-fonds de Kinguélé.

Les magasins ont également fermé. Les gens se ruent certains matins devant les boulangeries à la conquête d’une baguette de pain. Impossible de circuler convenablement. A chaque cent mètres, une cohorte d’agents fouillent les sacs des nobles citoyens à la recherche d’on ne sait quoi. Le peuple qui a une fois de plus été menti par les institutions de la République se dit ne pas abandonner le combat pour sa libération.

«On videra la mer avec nos mains et creuserons la montagne avec nos ongles, s’il le faut, pour libérer notre pays des Bongo»; déclare virulemment Elie Moupiola.

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