Lancement des activités de la Gabon Oil Marketing: Entretien exclusif avec Arnaud Engandji

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La Gabon Oil Marketing (GOM), commercialisera à compter du 1er septembre prochain, les produits pétroliers finis en remplacement de la Sogara. C’est le directeur général de la société mère (la Gabon Oil Company), Arnauld-Calixte Engandji Alandji qui a donné l’information, devant un certains nombres d’acteurs économiques.

Nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir plus:

-Qu’est-ce qui justifie la création de la société Gabon Oil Marketing (GOM) ?

“Le Président de la République a impulsé une dynamique qui tend dans la diversification économique et la transformation de nos matières premières localement. C’est ainsi que la création d’un environnement utile entre dans cet esprit qui vise à maîtriser toute la chaîne de production, que ce soit l’exploration, la production, la commercialisation, le raffinage et  l’entreposage des hydrocarbures. En effet, si vous regardez le décret qui crée la Société Nationale des Hydrocarbures, toutes ses missions étaient déjà prévues par les textes. Gabon Oil Marketing (GOM) n’est qu’une extension sous le logo GOC, une branche autonome qui est celle de la distribution et du raffinage.”

-Pensez-vous que la Sogara à montrer ses limites ?

“Pour le moment, nous ne nous concentrons que sur la partie importation et la mise sur le marché des produits pétroliers. Si vous regardez dans la présentation qui a été faite de Gabon Oil Marketing, nous retenons deux activités majeures. La principale est l’importation parce que comme vous le savez la Sogara est un outil qui est assez obsolète, qui ne raffine pas les volumes nécessaires à la consommation locale. De ce fait, nous importons en permanence quasiment la moitié du gasoil que nous consommons au niveau national. C’est pourquoi, aujourd’hui, GOM prend la branche importation de la Sogara et achète toute sa production donc cette dernière ne disparaîtra pas. Le principe est que nous allons racheter tout ce que la Sogara produit et, à terme, nous mettrons à disposition les produits sur le marché. La Sogara va clairement continuer à fonctionner et les importations également. Il y a juste que c’est Gabon Oil Marketing qui est désormais le seul fournisseur de produits raffinés sur le territoire Gabonais en attendant les nouvelles réformes.”

  • La Société nationale des hydrocarbures dont vous êtes le DG communique très peu, quel est son véritable rôle par rapport aux textes?

Ca dépend de ce que vous entendez par communiquer. Si communiquer c’est essayer d’occuper l’espace média, ce n’est pas forcément notre intérêt en terme de ligne de communication. Par contre, avec l’audit qui a entraîné mon arrivée à la tête de l’entreprise, suite à la suspension de mon prédécesseur, et avec toutes les réformes que nous menons, je pense modestement que nous avons quand même été assez médiatisées. Cpendant, cela est-il la ligne de communication que nous voulions c’est une chose, c’est une question qu’il est bon de se poser. Mais, le lancememt de GOM et certaines autres petites actions que nous faisons sont pour nous le chemin de la communication que nous avons choisi. GOC a choisi comme ligne de communication, de remettre l’entreprise et le secteur pétrolier au cœur de la cité. Notre communication se fait plutôt par ses actions dans la cité qui permet de rappeler aux citoyens qu’il y a une société nationale qui est une entreprise citoyenne essayant tant bien que mal malgré les difficultés à apporter un petit coup de pousse de façon à nous faire connaître du grand public. Les populations se souviennent de vous lorsque vous touchez des domaines qui sont proches de leur cœur; plutôt que lorsque vous passez à la télévision. Vous verrez que de moins en moins l’Administrateur Directeur Général communiquera sur les évènements; nous allons de plus en plus laisser ainsi la parole aux collaborateurs concernés par l’activité. L’idée est de ne pas rattacher la vie de GOC à une seule personne mais à l’ensemble des salariés qui dévouent chaque jour un peu de leur temps et de leur énergie au bon fonctionnement de l’entreprise.

5 ans plus tard s’il faut encore communiquer sur les missions de GOC qui sont simples. Elle a pour rôle d’être le bras séculier de l’Etat sur toute la chaîne de production des hydrocarbures et leur transformation. Cela signifie que nous pouvons agir tant dans l’exploration, la production, la maintenance et les services pétroliers. Nous pouvons egalement agir dans tout ce qui est importation, raffinage, stockage et distribution.  Voilà les différentes activités dans lesquelles GOC se spécialise.

Nous sommes assez conscients de la responsabilité économique qui est celle de GOC. Ainsi nous faisons attention à ne pas avoir une communication tout azimut, qui ne ferait que semer plus de confusion dans ce qui se passe à GOC.

-Vous avez évoqué la crise et les différentes activités de GOC, quelle est la stratégie de GOC au niveau local face aux multinationales et comment favorise-t-elle la création d’emplois ?

C’est la raison pour laquelle je disais que nous ne voulons pas communiquer parce que, entre les missions qui sont les notre et ce que nous faisons il y a un fossé. Nous avons par exemple pour mission, l’exploitation des champs pétroliers mais, actuellement nous n’en exploitons aucun. Il est donc difficile pour moi de communiquer sur des activités qui n’ont pas démarrées. C’est pour ça que la communication est un peu plus pudique que l’on ne le souhaite. La crise pétrolière du moment a pour corollaire, la division des valeurs des champs, grâce à cela GOC traverse la crise un peu mieux que l’Etat. Ceci pour dire, si vous regardez la crise du côté de GOC, elle est un peu plus favorable pour nous car elle nous permet de nous positionner pour acquérir des champs pétroliers vu que les multinationales dont vous faites allusion n’ont pas beaucoup d’appétit pour les petits champs dits marginaux. Cela nous ouvre ainsi beaucoup d’opportunités pour les acquisitions. Nous avons le cas du champ de Mboumba qui a été abandonné par Total que nous reprendrons au 1er septembre prochain. Cette acquisition n’aurait pas été possible sj le prix du baril de pétrole était à plus de 100 dollars. Depuis la baisse des cours, nous pouvons avoir un peu plus de marge pour acquérir ses champs marginaux que les grandes sociétés sont en train d’abandonner.

Ensuite, en terme de création d’emplois, vous venez de le dire, avec la création de Gabon Oil Marketing, il est évident que nous allons recruter. Dans le cadre de GOC, avec le regain d’activités nous avons également un besoin en termes de personnel. Au moment où vous arrivez, je sors d’une séance de travail avec l’Office National de l’Emploi (qui est notre recruteur exclusif) et nous aurons certainement une vingtaine voir une trentaine de postes qui sera à pourvoir.

Ce que vous devez aussi comprendre, c’est que l’Etat ne peut plus être tributaire de la volonté des multinationales. La période actuelle par exemple, jugée sensible par les opérateurs internationaux est une période où les gens se mettent en stand-by et attendent pour voir le déroulement des évènements avant d’agir. Alors que lorsque vous avez un acteur national, l’idée d’avoir une vision sur la nation fait que certaines de vos décisions qui auraient pu être ralentie pour des considérations économiques, tant qu’elles sont liées financièrement peut être avec un niveau de risque un peu plus important qu’une entreprise privée ou une multinationale. C’est aussi pour cela que l’Etat a décidée d’avoir un opérateur national pour qu’il puisse, à chaque fois réguler un peu le terrain.

C’est dans cette logique que nous nous portons, c’est-à-dire que nous préférons stimuler l’économie, en tant qu’opérateur national en ayant des sous-traitants locaux; ce qui favorise la création d’emplois et aussi de petites entreprises à rentabilité. GOC aujourd’hui c’est 85 salariés.

– Comment va le secteur pétrolier gabonais en ces temps de crise? Et comment GOM compte-t-elle assuré le pari de la création d’emplois dans ce contexte de crise?

“Le secteur pétrolier gabonais n’est pas différent du secteur pétrolier en général. Il y a des pays de la sous-région qui produise 2/3 fois plus que le Gabon mais qui sont aujourd’hui en cessation de paiement ou situation de tension de trésorerie. Donc le secteur pétrolier subit au Gabon, le même niveau de crise que la plupart des autres pays. Par contre, ce que vous devez pouvoir relever c’est qu’il y a quand même eu, ces 5 dernières années, près de 2,7 milliards de FCFA investis dans le secteur pétrolier. Il y a donc eu un effort consenti pour essayer de maintenir ce niveau de production afin de maintenir les volumes pour compenser la chute des prix des produits.

Il faut savoir que lorsque la matière première baisse en coût vous tirez plus de produit sur le produit transformé localement. Donc GOM se positionne dans l’aval des produits finis qui lui tire son épingle du jeu de la crise. Les marges des raffineries sont beaucoup plus importantes en temps de baisse du pétrole brut. C’est tout ça l’idée d’avoir un opérateur national qui agit sur l’ensemble de la chaîne.”

– Vous avez fait un don de matériel aux sapeurs-pompiers récemment. Qu’est-ce qui a motivé cette initiative?

“Nous assistons tous à beaucoup d’accidents dans la ville dont celui de getma par exemple où les pompiers avaient du mal à secourir les accidentés fautes de matériels à leurs disposition. La communication de GOC est plus dans le sens d’arriver à avoir un impact sérieux sur un pan de la cité. Nous cherchons donc des opportunités afin que là où nous intervenons, nous soyons acteurs d’un changement, tant dans notre manière de travailler. Et nous avons eu un sentiment d’utilité, lorsqu’une semaine après ce geste, il y a eu un accident dans la zone de pleine niger et les pompiers cette fois-ci ont pu effectuer leur mission correctement car ils étaient équipés. Nous restons toujours dans la logique de la communication par l’impact sur la cité que par les spots publicitaires à tout va.”

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