La société civile envoie un mémorandum de sortie de crise à la communauté internationale

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Ce mardi 13 septembre 2016, la société civile gabonaise représentée par le Révérant Pasteur Georges Bruno Ngooussi, réunie au sein d’une plateforme regroupant le Réseau des organisations libres pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), Collectif du 12.12.15, Femme lève-toi, Dynamique unitaire, Front des indignés, Brainforest, le Club 90, Etudiants conscients, Ça suffit comme ça, Témoins actifs et Sojecs, on produit un mémorandum de sortie de crise à l’endroit de la communauté internationale.

Après avoir présenté un contexte politique entaché d’irrégularités, notamment dans la province du Haut-Ogooué où, « un taux de participation de 99,93% des citoyens inscrit sur les listes électorales », a engendré « un nombre de votant en faveur d’Ali Bongo Ondimba de 95,46% contre une moyenne nationale de 49,80% », ainsi que « la corruption de deux membres régionaux de la Commission électorale représentants le candidat Jean Ping (…) laquelle a donné lieu à la falsification des procès-verbaux au profit du candidat Ali Bongo Ondimba », chose qui a conduit les représentants de l’opposition à la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) à ne pas signer le procès-verbal « suite à l’inadéquation des résultats proclamés par le gouverneur du Haut-Ogooué et ceux énoncés par le Ministre de l’Intérieur le 31 août 2016 ». La conséquence immédiate a été que : «  la proclamation de ces faux résultats a provoqué une vive contestation nationale qui a conduit à des émeutes sans précédent et répression disproportionnée des forces de défense et de sécurité, instrumentalisées par le pouvoir en place infiltrées par de mercenaires. Ces derniers ont tiré à balles réelles sur une population à main nue causant ainsi des dizaines de victimes à travers le pays », précise le mémorandum lu par le pasteur principal de l’église de Nazareth du Gabon.

Ces actes ayant pour donneur d’ordre, le candidat Ali Bongo Ondimba en personne renchérie le pasteur, « sont contraires aux engagements internationaux du Gabon contenus dans le pacte internationale relatifs aux droits civils et politiques ratifié par le Gabon en 1983 (…) (et) s’exposent à des poursuites judicaires devant le CPI ».

Le mémorandum s’attarde également sur les condamnations et déclarations de la communauté internationale, notamment : «  les violences post-électorales (…), le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote ». Citant en exemple, le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne à travers son Représentant de la politique extérieure Frederica Monguerini, le Président de la République Française, Froiçois Hollande et son ministre des Affaires étrangères, Jean Marc Ayrault, le Département d’Etat américain et bien d’autres.

La plateforme de la société civile sollicite en outre, « face au péril de la nation et à la nécessité de rétablir la vérité des urnes, et donc la souveraineté du peuple gabonais, condition sine-qua-non du retour de la paix et de la stabilité dans la pays », que la Communauté internationale assure et supervise « le processus de comptage des voix bureau de vote par bureau de vote en collaboration avec la Cour constitutionnelle et les représentants de chaque candidat ». Visant expressément «  des représentants de la France, des Etats-Unis, de l’Union européenne, de l’Union africaine et de l’Organisation internationale de la Francophonie ».

In fine, la Plateforme nationale de la société civile dénonce les violations massives des droits de l’Homme au Gabon », invitant d’une part « à une protection internationale des populations civiles victimes des exactions des milices à la solde d’Ali Bongo Ondimba », d’autre part, « à une enquête impartiale menée par le haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme et Amnesty international afin de faire la lumière sur ces crimes », conclut le mémorandum envoyé aux présidents François Hollande, Barack Obama, au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, au Haut représentant de la politique extérieur de l’Union européenne, à la présidente de la commission de l’Union africaine et au secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.

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