La Lettre du Continent : ” Le duo Myboto-Bourgi propulse la candidature de Jean Ping “

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Ali Bongo misait sur les divisions de ses adversaires pour remporter la présidentielle du 27 août. Le désistement le 16 août, veille de la fête nationale, de Guy Nzouba Ndama et de Casimir Oyé Mba en faveur de Jean Ping a subitement modifié la donne de ce scrutin à un tour.

Tractations. Cette opération permet à l’ex patron de la commission de l’UA d’être le seul challenger de poids face au président sortant. Un résultat obtenu après de longues négociations. Outre le rôle discret de personnalités comme Anaclet Bissielo, ces ralliements sont le fruit d’un lobbying de Zacharie Myboto, patron de l’Union nationale (UN), et de Robert Bourgi. L’avocat a intercédé à plusieurs reprises pour une union sacrée dans son cabinet de la rue Pierre 1er de Serbie, à Paris.

Le 12 juillet, il a reçu conjointement Nzouba Ndama et Ping en fin de matinée. Candidature unique. A cette date, l’ex-chef de la diplomatie gabonaise voulait encore faire cavalier seul alors que l’ex-président de l’Assemblée nationale, conscient de son entrée trop tardive en campagne, était déjà favorable à une candidature unique. Cette discussion s’est poursuivie jusqu’en début d’après-midi faisant finalement apparaître, chez Ping, une volonté d’alliance. Le 26 juillet, une seconde réunion dans le même cabinet a convaincu Ping de cette stratégie.

Quelques jours auparavant Robert Bourgi avait déjà tenté de convaincre Raymond Ndong Sima d’adhérer à ce scénario lors d’un déjeuner au restaurant parisien Tsé- Yang, établissement longtemps plébiscité par Mobutu Sese Seko. Bourgi a régulièrement rendu compte de ces pourparlers à Chantal Myboto qui a tout transmis à son père. Ex-ministre d’Omar Bongo devenu son adversaire à partir de 2005, Zacharie Myboto a été l’autre acteur de ces négociations. Il a tenu plusieurs réunions à son domicile de Libreville dont une, le 15 août, au cours de laquelle il a convaincu son ami Casimir Oyé Mba de se désister pour Ping.

Parti dans la course avant tous ses concurrents, Jean Ping, Myènè d’Omboué près de Port-Gentil, bénéficie de son ancrage chez les Fang, la communauté la plus importante du Gabon. Plus à l’aise financièrement que ses deux “coreligionnaires”, il est “suivi de près” par les présidents Denis Sassou Nguesso, Teodoro Obiang Nguema et Alassane Ouattara.

Source : La Lettre du Continent n° n°735 du 24 août 2016.

2 Commentaires

  1. Merci de vos nobles informations.
    Je vous souhaite bon vent et reste à vos explications.
    Courage et salutations distinguées .
    Cordialement

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