« La fête des fous » par Me Louis-Gaston Mayila

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Marie France Garaud a écrit un livre que j’ai lu avec délectation, sous ce titre « la fête des fous » titre traduit de Don Giovanni comme le chante Masseto « Poco dura dé matti la festa » il faut traduire ‘’elle ne dure jamais longtemps la fête des fous’’.

Quand certains liront ces lignes, je serai peut-être embastillé ou pire, puisque malade, on refuse que je quitte mon Gabon, pour aller me faire soigner, les mots ne sont pas assez forts pour exprimer ma pitié, pour les pieds nickelés qui prennent de telles décisions… MORT, où est ta victoire ? « Les peuples sont las » disait le Cardinal de Retz.

Le nôtre n’est plus seulement las, il voit les portes de l’avenir se refermer devant lui, dans    la dégradation de l’Etat et l’éclatement de la société.

La République agonise, Dieu fasse que cette agonie ne soit pas trop longue.Avant, les Gabonais avaient coutume de dire « on va encore faire comment? » parce qu’ils espéraient encore faire quelque chose.

Aujourd’hui, tous disent, «mais qu’est-ce que nous avons pu faire à Dieu pour mériter un tel sort ? » Dieu,qu’avons-nous fait pour que tu armes les mains des forces du mal, qui nous accablent et nous frappent avec une telle violence, dans notre corps, notre âme et notre esprit ?

Trop longue, l’agonie de la République n’a que trop duré ! Car l’éternité elle même ne dure qu’une seconde. Elle est bien morte la République, le temps est hélas venu, de dresser son

acte de décès. Attendre pour permettre aux petits médecins, de servir plus longtemps leurs intérêts en prétendant la soigner, et aux apprentis assassins de se faire les dents à peu de frais,sur sa dépouille. C’est abuser les Gabonais, encore plus longtemps, surtout ceux qui ont décidé de ne pas baisser les bras, de continuer de se battre politiquement.

Bricolée, mutilée et violentée plus souvent qu’à son tour, par eux qui auraient dû en être les garants, la Constitution de la République n’est même plus considérée, qu’il est indécent de l’appeler encore Loi Fondamentale.

Nos dirigeants n’ont jamais cessé de mettre à leur taille les institutions en s’amputant eux-mêmes, de l’essentiel de leurs prérogatives pour n’en garder que les apparences.

Dieu reconnaîtra les siens ! Même s’il est difficile de garder la foi, en pareilles circonstances.

Il y a quelques années, j’ai écrit un livre au titre évocateur « La refondation de l’Etat au Gabon, plaidoyer pour une Nouvelle République », toute ma vie politique, qu’on peut dire déjà longue, je suis habité par l’idée de refonder la République, de lui donner d’abord un sens, puis des repères et surtout des valeurs.

La Nouvelle République doit être bâtie sur des fondements sûrs. Pour fonder la République, il faut l’aimer disait Saint Just, c’est vrai la République, je l’aime, de tout mon cœur, de toute mon âme et je peux ajouter de tout esprit. Plus tard j’ai crée un parti politique que j’ai appelé ‘’ l’Union Pour la Nouvelle République’’, UPNR. J’espère vivre assez longtemps encore, pour assister à l’avènement de cette Nouvelle République, même si l’horizon paraît bouché, même si des menaces s’amoncèlent tels des nuages dans un ciel en furie, et l’initié, le clairvoyant que je suis a l’avantage de dire, d’annoncer, d’écrire les choses avant qu’elles ne se produisent. Oui,quelque chose se passera, oui quelque chose se produira, Dieu me l’a dit.

Les yeux des mortels que nous sommes ont, parait-il, tout vu, et ils sont découragés. Qu’avons-nous fait à Dieu pour mériter ça ?D’autres disent même que Dieu nous a tourné le dos. Moi qui regarde avec les yeux de l’esprit, je vois autre chose ! Je dis que tout n’est pas perdu, ou le pire est à venir, ou le pire est déjà arrivé et le meilleur reste à venir. Dieu est au dessus du bien et du mal. Ce qui est mal aux yeux des hommes, des mortels que nous sommes, peut être un bien aux  yeux de Dieu. Il n’y a que les hommes de peu de foi pour penser que Dieu peut abandonner tout un peuple. Les Gabonais qui me feront l’amitié de me lire me retourneront cette question ; “et maintenant Monsieur le Président ?’’.

Je réponds que le temps de la colère physique, que je comprends est révolu ! Je réponds après réflexion que le temps d’une réponse par les urnes est arrivé ! Encore, me direz-vous! Et je vous réponds oui, trois fois oui !

Le Président Ali Bongo a appelé à un dialogue, j’ai cru et je crois que c’est une blague, tant qu’il n’aura pas dit le contenu de ce dialogue et désigner un cadre nommé dans lequel se déroulera ce dialogue et la force des actes qui en découleront.

Après, la CENAP annonce la tenue des élections législatives. Peut-on refuser d’aller au dialogue et aller aux élections législatives ?

Je réponds oui trois fois oui ! Et la réponse des urnes doit envoyer une majorité à l’Assemblée Nationale pour imposer une cohabitation.

Si le Président Ali Bongo s’avisait à dissoudre cette Assemblée, le peuple lui renverra une majorité encore plus grande de l’opposition républicaine. Essuyez vos larmes, séchez vos larmes,l’heure n’est ni aux pleurs, ni à la résignation, l’heure est aux rassemblements de toutes les forces républicaines qui se sont exprimées pour donner une victoire au candidat de l’opposition. Ces forces ne doivent pas céder au découragement, mais elles doivent appeler à la mobilisation et la victoire ne sera que plus belle

Rien n’est gagné ! Mais tout n’est pas perdu !

La fête des fous ne dure jamais très longtemps.

Me Louis-Gaston Mayila

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