Jean Ping : « C’est moi, que vous avez élu président de la République gabonaise le 27 août 2016»

0

Ci-dessous, l’intégralité du discours de Jean Ping du 26 novembre 2016 à l’occasion de son retour à Libreville après un périple diplomatique en France, en Belgique et au Etat-Unis.

“MES CHERS COMPATRIOTES ; 

MES CHERS AMIS DE LA COALITION POUR LA NOUVELLE REPUBLIQUE ;

MESDAMES ET MESSIEURS ;

MES CHERS FRERES ET SŒURS. 

Bonjour en toutes les langues.

Je voudrais d’abord dire merci à toutes et à tous.

Merci pour cet accueil chaleureux qui me fait très chaud au cœur.

Vous avez su braver la présence massive des forces de sécurité déployées, comme d’habitude, pour vous empêcher de venir m’accueillir massivement.

Dans toute dictature, cette manière de procéder est tout à fait conforme à leur habitude. N’ayez pas peur !

Je veux remercier particulièrement les jeunes et les femmes qui se sont mobilisés comme toujours pour accueillir leur président, le président qu’ils ont massivement élu, le 27 août 2016. Je n’oublie pas naturellement les hommes bien sûr !

Mes remerciements vont aussi à l’endroit des membres de la Coalition pour la Nouvelle République qui ont bien voulu sacrifier de leur temps pour venir communier avec nous cet après-midi à l’occasion de mon retour au pays.

Cet accueil patriotique est à mes yeux le signe évident de la détermination qui ne faiblit pas, la détermination qui donne courage à tous ceux qui doutent encore de notre capacité commune à résister, à encore résister et à toujours résister tant que notre souveraineté ne sera pas respectée.

Cette détermination et ce courage, vous les partagez aussi avec nos compatriotes de toutes les diasporas que j’ai rencontré tout au long de ce périple que je viens d’effectuer en Europe et aux Etats-Unis.

Je salue ici la mobilisation des autres compatriotes vivant dans d’autres pays en Afrique, en Asie et ailleurs.

Cette détermination, ce courage et cette mobilisation sont enfin les signes évidents de votre adhésion et de votre soutien à l’engagement solennel que j’ai pris devant le peuple gabonais d’aller jusqu’au bout, d’aller avec vous jusqu’au triomphe de la vérité des urnes, celle que tous avons exprimé le 27 août 2016 dans l’ensemble du territoire national.

En m’adressant à vous ici et maintenant, j’ai comme vous, une pensée particulière pour Bertrand ZIBI, Firmin OLLO, Anicet RETENDET-NDIAYE, Landry AMIANG, Rodney EKOREZOK et tous les autres compatriotes qui croupissent encore dans les geôles insalubres de ce pouvoir illégal et  illégitime. Je voudrais qu’ils sachent que nous ne les avons pas oubliés.

J’ai également, comme vous, une pensée pieuse pour tous les disparus et pour tous ceux qui ont perdu leur vie pour la libération de notre pays. La nation leur sera éternellement reconnaissante.

Mes chers compatriotes,

Comme vous l’avez suivi à travers les médias et les réseaux sociaux, j’ai rencontré nos partenaires internationaux et les amis du Gabon pour évoquer avec eux la grave crise que traverse notre pays depuis le coup d’Etat militaro-électoral perpétré par Ali Bongo et ses forces des ténèbres.

Tout ce que je peux vous dire pour le moment c’est que mon périple, qui m’a conduit à Paris, à Bruxelles, à New-York et à Washington, s’est très bien déroulé.

Tous mes interlocuteurs ont été attentifs à notre cause qui est une cause juste. Et j’ai évoqué avec eux les moyens de rendre au peuple gabonais l’élection qui lui a été volée.

Je vais me retrouver avec mes amis de la Coalition pour la Nouvelle République afin de leur faire part des riches résultats de mes différentes rencontres en France, en Belgique et aux Etats-Unis d’Amérique.

Mes chers frères et sœurs,

Soyez-en rassurés, le monde entier sait parfaitement ce qui s’est passé au Gabon. Toutes les chancelleries savent avec certitude que c’est moi, Jean Ping, que vous avez élu président de la République gabonaise le 27 août 2016.

Les mêmes chancelleries savent que c’est Ali Bongo le candidat malheureux de cette élection présidentielle.

Plusieurs chefs d’Etats ont même honte de compter dans leur rang un voleur d’élection qui a été pris la main dans le sac et qui n’a pas hésité à massacrer ses propres populations.

Il a beau courir, se montrer dans les conférences internationales ici et là pour essayer de se faire une virginité démocratique, rien n’y fera, il sera partout regardé comme un éternel imposteur.

Mais croyez-moi, cette imposture ne durera pas. Et si Ali Bongo a encore un peu de dignité et d’orgueil personnel, il ferait mieux d’en tirer les conséquences, pendant qu’il est encore temps, en quittant le pouvoir et en rendant tranquillement au peuple gabonais ce qu’il lui a subtilisé par la force des armes de guerre.

J’ai comme vous pris connaissance du pré-rapport agréablement surprenant des deux experts de l’Union africaine, qui ont observé le déroulement du contentieux électoral auprès de la Cour Constitutionnelle. Ce pré-rapport est accablant pour les putschistes qui gouvernent aujourd’hui le Gabon, toute honte bue.

Comme vous, j’ai appris que la même Cour Constitutionnelle, la tristement célèbre tour de Pise, a une nouvelle fois confirmé sa collision incestueuse avec Ali Bongo en refusant de saisir la dernière chance que lui offrait le recours en révision brillamment présenté par mes deux avocats à qui je rends ici hommage pour le travail abattu avec compétence et professionnalisme.

Le rapport de la Mission des Observateurs de l’Union Européenne est prêt. En dépit des manœuvres dilatoires du pouvoir en place qui consistent à renvoyer sans cesse sa présentation au Gabon, il finira par être rendu le 07 décembre prochain.

Ce rapport qui dévoilera la vérité de l’imposture est très attendu. Il constituera une étape déterminante de ce processus électoral historique.

Dès que nous aurons pris connaissance du contenu de ce rapport, je m’adresserai solennellement au peuple gabonais.

Gardez donc espoir et ayez confiance. Continuez à résister en restant déterminés et mobilisés, car ce combat est le combat de notre vie.

Comme je l’ai dit à nos compatriotes de la diaspora à Paris en paraphrasant Gandhi que je cite : « Les batailles de la vie ne sont pas gagnées par les plus forts, ni par les plus rapides, mais par ceux qui n’abandonnent jamais ».

Mes chers compatriotes,

Je vous l’ai toujours dit,  je vous le redis aujourd’hui avec force et vigueur : 2016 ne sera jamais 2009 et j’irai avec vous jusqu’au bout.

Je compte bien être et demeurer le président de la République élu de toutes les Gabonaises et de tous les Gabonais.

Que les mânes de nos ancêtres continuent à veiller sur nous tous.

Vive la Nouvelle République !

Que Dieu protège et bénisse le Gabon.

Je vous remercie.”

Laisser un commentaire