« J’ai fait l’objet de deux tentatives d’enlèvement (…) », dixit Guy Pierre Biteghe du Mbandja

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Les révélations du journal “Le Mbandja” n° 370 paru le 20 septembre 2016 ont conduit le Conseil National de la Communication (CNC) a prendre une mesure ferme : la suspension de l’hebdomadaire pendant un mois. Joint par téléphone le Directeur de la publication, Guy Pierre Biteghe a livré les contours de cette décision.

Quels sont les contours de la décision de suspension de l’hebdomadaire Le Mbadja, prise par le Conseil national de la communication ?

La suspension du journal Le Mbandja est intervenue à la suite de la publication d’une interview que nous a accordé un officier de la garde républicaine (GR). Cet officier rappelons-le, nous avait déjà accordé une interview au mois de mai dernier où il prévoyait exactement ce qui allait se passer pendant et après les élections présidentielles. Les choses se sont finalement passées  comme il l’avait prévu. Il a donc détaillé dans Le Mbandja n° 370 du mardi 20 septembre dernier, le plan du coup d’Etat électoral ainsi que les massacres, non sans dire où les corps, particulièrement ceux venant du massacre du QG de Jean Ping avaient été amené, tout en indiquant que selon lui, il y avait eu 210 morts… Des informations qui ont eu le mérite d’hériter aussi bien le gouvernement que la hiérarchie de la GR.

Que s’est-il concrètement passé entre vous l’instance régulatrice de la communication ?

Gêné par les révélations de cet officier anonyme, la hiérarchie militaire a voulu me faire enlever, n’ayant pas réussi, la Cour nationale de la communication, pardon le Conseil national de la communication (CNC) a été mis en orbite en me faisant convoquer. le but était qu’en me présentant au CNC, la DGR allait venir tranquillement me prendre sans être inquiétée.

Quel est le contenu de la sanction à laquelle vous faites fasse aujourd’hui ?

Le CNC nous suspend pour une durée d’un mois tout en nous faisant le reproche d’avoir violé les règles de déontologie et d’éthique et nous demande de nous conformer au risque de corser sa décision pour une durée de trois mois. L’épée de Damoclès est donc suspendue sur notre tête.

Quelle est votre position sur cette énième atteinte visible à la liberté de la presse?

La Cour nationale de la communication se comporte comme les autres cours d’exception du Gabon, elle est au service du régime et applique aveuglément les injonctions qui lui sont faites par ce régime-là. Nous devons donc nous attendre à des jours sombres pour la presse gabonaise et ses animateurs, surtout pour celle qui ne chante pas les louanges du régime. Cela étant, nous ne devons pas baisser les bras, au contraire, nous devons résister et rendre notre résistance plus forte pour faire plier l’oppresseur.

On apprend que des menaces pèsent sur votre personne, est-ce vrai? Avez vous pris des mesures?

J’ai fait l’objet de deux tentatives d’enlèvement de la part des agents en cagoule qui se sont pointés à mon domicile. Il se trouve qu’à la même période, je venais de perdre ma grand-mère, je me trouvais donc à la maison mortuaire. Ce sont les voisins qui m’ont alerté la première fois, la deuxième fois, c’est un ami qui venait me rendre visite qui va me demander de ne pas rentrer chez moi, il constate la présence des hommes en cagoule à l’intérieur d’une double-cabine garée devant mon domicile. Concernant les mesures, je me suis retiré dans ma ville natale de Lambaréné pour tout le temps de la sanction, tout en prenant des informations auprès des amis influents au sein de la hiérarchie militaire.

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