Gabon Media Time fait l’objet de restrictions d’accès

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Depuis déjà deux semaines,  le site d’actualités Gabon Media Time (GMT) fait l’objet d’une accessibilité limitée,  voire impossible depuis le Gabon.  En effet,  il est devenu extrêmement  difficile pour les tenants de ce site d’information de mettre à jour leur flux d’actualité,  et pour les internautes d’y recourir pour être ” A l’heure de l’info “.

Fort de cette inquiétude, nous avons interrogé Charlusse Dubois,  un confrère de Gabon Review qui nous a rapporté ceci: “ Depuis 48 heures l’accès à GMT est impossible. Mais chose curieuse nous avons eu un cas similaire à Gabonreview. A la seule différence que pour notre site, un message d’erreur nous informait de l’inaccessibilité au site; or pour GMT rien ne s’affiche,  juste une page blanche; rien ne dit s’il y a une erreur,  rien ne dit s’il y a un problème de connexion.”

Et le témoin de renchérir en disant qu’ “on a l’impression que c’est une chasse aux médias sous toutes ses formes, une manière de sanctionner les plus influents qui essaient de relayer l’information à travers le monde. Gabonactu a subi la même chose, RTN a subi les mêmes maux jusqu’à voir ses locaux incendiés. On se pose la question de savoir de quoi il s’agirait, qu’est ce qui est à l’origine de ces mesures restrictives? “, s’intérroge notre confrère.

Curieusement,  quand nous recevons des témoignages de personnes se trouvant hors du Gabon, l’accès au site d’information ne souffre d’aucune restriction. Mais il faut signaler que depuis déjà deux semaines au Gabon, c’est l’accès aux réseaux sociaux qui fait l’objet de mesures restrictives. Si la connexion internet est effective entre 6 et 18 heures, les réseaux sociaux eux sont inaccessibles même pendant cette tranche horaire, quitte à utiliser un outil dédié (VPN)  pour contourner ces coupures.

Nous allons tout de même rappeler aux tenants du pouvoir qui se disent légalistes que la Constitution gabonaise,  par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 en son article 19, et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 en son article 11, parties de son préambule,  donc ayant valeur constitutionnelle, rappellent respectivement que “ Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression,  ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher,  de recevoir et de répandre,  sans considérations de frontières,  les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit” et “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme: tout citoyen peut donc parler,  écrire,  imprimer librement,  sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi”. 

En d’autres termes et pour finir,  la liberté de communication,  qui repose toute entière sur la liberté d’expression,  est la pierre angulaire des principes de la démocratie et des droits de l’Homme proclamés dans les conventions et déclarations de droit.  Par conséquent,  là où les journalistes sont empêchés d’exercer leur métier,  par l’intimidation,  la violence physique, ou par toute autre mesure,  on peut être sur que le sort des libertés n’est guère plus enviable.

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