Fitch maintient sa note « B+ » avec des perspectives négatives

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L’agence de notation financière internationale Fitch n’est pas revenue sur la note souveraine du Gabon sur le long terme. Note qu’elle avait déjà attribuée en Mai 2016 à « B+ ». La note du Gabon reste donc négative.

Les côtes d’émissions sur premiers rangs non garanties en devises des obligations ont été confirmées à « B+ ». Le plafond  des pays pour la Communauté Economique et  Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) et l’IDR à court terme en monnaie locale ont été respectivement confirmés à « BBB –» et « ».  Cette notation attribuée aux émissions obligataires à long terme en monnaie étrangère et locale du Gabon vient donc confirmer la place du Gabon dans  la catégorie dite « Spéculative » qui, du fait de plusieurs indicateurs à la baisse est jugée risquée par les investisseurs.

Forte dépendance du secteur pétrolier, climat politique jugé ‘’Incertain’’, en relevant la réélection contestée du président sortant Ali BONGO ONDIMBA : c’est au moins pour ces deux principales raisons que fitch n’est pas revenu sur ses notes de Mai 2016.

Dans un communiqué publié le 17 Octobre 2016 sur leur compte Twitter et présent sur le site fitchratings.com, l’agence souligne la forte dépendance du secteur pétrolier dans l ‘économie nationale « Le Gabon est fortement dépendant du secteur pétrolier, les recettes pétrolières représentent 34% des recettes fiscales du gouvernement, 30% du PIB et 76% des exportations à la fin 2015 » alors qu’elles représentaient environ 44% des recettes fiscales ; cette diminution de la part du pétrole dans les recettes fiscales peut non seulement s’expliquer selon fitch par la baisse des coûts du baril mais aussi par la diminution de la production du pétrole, les sites d’extractions arrivant à échéance.

Le futur du Gabon est jugé incertain et personne ne s’avancerait aujourd’hui à mettre les voyants au vert. L’agence de notation prévoit un déficit du compte courant qui se creusera à 5,5% du PIB d’ici fin 2016 et une augmentation conséquente de la dette publique qui atteindra 48% du PIB à la fin 2016 et oscillera à 50% du PIB à la fin 2018. Ceci s’explique par la forte dépréciation de la monnaie par rapport au dollar, car plus des ¾ de l’encours de la dette publique est libellé en dollar.

« Le contexte politique pourrait réduire la capacité du président à mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire, alors que l’escalade dans l’incertitude pourrait avoir des retombées négatives sur l’économie. »  Du fait des violences lors de la crise postélectorale et des incertitudes sur le climat des affaires, qui pourraient retarder les investissements publics et privés, l’agence de notation a dû réviser ses prévisions de croissance du PIB à 3% pour 2016 et environ 4% en 2017, loin derrière les 4,5% en 2016 et 5% d’ici à 2020 espéré par le gouvernement Gabonais.

RECOMMANDATIONS

L’Agence de notation financière invite le gouvernement gabonais à relancer les investissements, notamment dans le secteur de l’Education et de la Santé, de satisfaire les donateurs internationaux et encourage le président de la République à retrouver de la popularité avec son programme de développement.

Source : www.fitchratings.com

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