Europe Ecologie Les Verts : « La France ne doit pas reconnaître la “victoire” d’Ali Bongo »

0

Le parti français de gauche, Europe écologie les verts (EELV) est revenu sur la crise post-électorale gabonaise à travers une déclaration des porte-paroles nationaux Julien Bayou et Sandra Regol rendue publique ce 7 octobre 2016.

Plantant le décor en démontrant la volonté manifestée par les autorités gabonaises « d’enterrer rapidement les controverses liées à l’élection présidentielle et la crise grave qui s’en est suivie », EELV précise que le Gabon « s’est doté d’un nouveau gouvernement dimanche 2 décembre dans la rapidité, la même qui entachait déjà l’investiture précipitée d’Ali Bongo après la confirmation de sa ‘’victoire’’ par la Cour constitutionnelle malgré d’ ‘’évidentes anomalies’’ relevées par l’opposition et la Mission d’observation électorale (MOE) de l’Union européenne (UE) ».

Décriant par la suite les violences post-électorales, notamment « les très graves exactions dont s’est rendu coupable le gouvernement gabonais sur ses populations », Europe Ecologie Les Verts (EELV) s’est indigné de la réaction ambiguë de la France depuis le début de la crise. Le parti dénonce « le silence persistant de François Hollande », ainsi que « les récentes déclarations du Ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault ».

Craignant que « le peuple gabonais, qui a déjà payé un lourd tribut au coup de force électoral de M. Ali Bongo, ne se sente trahi par la communauté internationale ». Le parti politique français ajoute « dizaines  de morts et de disparitions » qui sont à déplorer et le fait que « les geôles gabonaises regorgent de prisonniers politiques détenus dans des conditions préoccupantes et indignes ». Citant parmi les personnes détenues « l’ancien député Bertrand Zibi Abeghé et Firmin Ollo Obiang, leaders syndicaux, Roger Ondo Abessolo, Cyrlin Koumba Mba Essiane et de simples citoyens comme Landry Amiang et Rodney Ekorezok ».

Lançant un appel aux autorités françaises qui peuvent encore « contribuer positivement à une sortie de crise au Gabon ». Les écologistes ont exhorté « le gouvernement français à ne pas reconnaître l’élection d’Ali Bongo », mais aussi de « le pousser à libérer tous les prisonniers politiques et à mettre fin aux atteintes aux libertés publiques et civiles ».

Pour Europe Ecologie Les Verts demande au gouvernement de son pays, gouvernement auquel des membres du parti y sont nommés de « déposer une résolution au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU afin de missionner une enquête internationale sur les violentes répressions. Elle doit aussi soutenir le travail de la Cour pénale internationale dans le cadre de la saisine dont elle fait l’objet ».

En définitive, pour EELV, la France ne doit pas contribuer à affaiblir les tenants de « la lutte pacifique et démocratique » sinon elle prendrait le risque « d’alimenter instabilité et insécurité » ce qui engendrerait des conséquences qui ne manqueront pas de se faire ressentir « chez-nous » conclut le communiqué.

Laisser un commentaire