De l’état de l’art d’Africain !

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Il y a quelques années, Nicolas Sarkozy disait que “l’Afrique n’est pas inscrite dans l’histoire” devant un parterre d’africains, sur un sol africain, au Sénégal, pays qui fut l’un des principaux points de départ des navires esclavagistes vers l’Amérique.

De cette phrase devenue culte, le point important est l’histoire, et la façon dont on atteste de son passage sur terre. L’art fait parti de ces moyens qui permettent de laisser des traces de sa présence. L’art bien que disposant de définitions multiples, est d’abord un produit humain (création d’objets, mise en scène…) qui crée un état particulier de sensibilité en faisant intervenir délibérément nos sens, intuitions, intellect… C’est la manifestation la plus humaine de nos créations. Ainsi, l’art agit sur l’histoire comme des marques-pages sur un livres, il nous permet de nous situer et de déterminer la sensibilité de nos parents et ancêtres au fil des époques.

L’art africain possède la particularité d’être inconnu tant par les africains que par le reste du monde. Ainsi dans l’ouvrage L’art nègre”, Alione Diop ancien directeur de Présences africaines dira “Or, l’artiste africain vous est inconnu, lecteur d’Europe. Les œuvres dont il est question dans ce volume ne vous étaient pas destinées “. Il souligne ici que l’art africain qui est diffusé dans le monde, n’est que la représentation européenne de l’image que les occidentaux se font de l’art africain. Alors en ce sens l’art africain n’existerait pas, dans la forme qu’il lui est attribuée aujourd’hui d’autant plus que souvent les oeuvres se retrouvent dans des musées ethnologiques qui abordent l’homme noir dans son entier plutôt que des musées qui dédient entièrement leurs espaces aux artistes africains (il y eu récemment “Beauté Congo” à la fondation Cartier ou l’exposition des photographies de Seydou Keita au Grand Palais à Paris).

L’autre particularité de l’art d’Afrique est que le peu d’œuvres reconnues et disposant d’une valeur marchande élevée, se situent pour la plus part en occident. Les œuvres africaines ne sont pas en Afrique, elles vagabondent de villes en villes, d’expositions en expositions, faisant la fortune des collectionneurs au détriment de la force historique qu’elles pourraient apporter à notre continent. On se rappel du mal qu’à eu Abdoulaye Wade pour mettre des œuvres africaines dans son musée des civilisations noires en 2009.

Certains africains vont cependant, se lever contre cet exode artistique et mettre en place des plans de réappropriation culturelle. Des collectionneurs, telles que Marie-Cécile Zinsou et son époux Lionel Zinsou, qui petit à petit rachètent des œuvres pour les rapatrier. Des œuvres comme le “Grand Janus dogon” cédé à Malraux par Senghor en 1966. Il y a aussi le collectionneur Sindika Dokolo qui s’attache à rapatrier vers l’Angola les créations volées.

Ces personnes, via leurs différentes actions, contribuent à revaloriser notre continent. Ils nous permettent de découvrir sous un nouveau jour nos ancêtres, nous permettant par la même occasion de mieux affronter l’avenir, car pour construire son avenir, il faut savoir d’ou l’on vient.

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