Des rumeurs sur l’existence d’un charnier dans la Capitale affolent les familles des disparus

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Depuis l’annonce des résultats de la Présidentielle donnant Ali Bongo vainqueur. Laquelle a été à l’origine des exactions, assassinats, pillages et arrestations arbitraires,  les choses ont fondamentalement changé au Gabon, dans la capitale et ailleurs.

Il y a comme une ombre brumeuse, une atmosphère lourde, de meurtrissure et d’effarement. Chaque lever de jour est un appel à l’angoisse à la peur et à l’inquiétude. Un peu comme cette inquiétude qui envahit actuellement les familles qui, depuis le début des violences, n’ont aucune nouvelle des leurs.

Cette semaine, des recherches et annonces ont été faites sur les réseaux sociaux par des familles à la recherche de leurs enfants, frères, amis, père et mère. Dans les descriptions et les messages postés, un fait revient avec insistance: “Je suis sans nouvelles de mon frère, ma mère, ma tante… depuis le 31. Il était au QG du Président Ping“. Le 31, c’est ce soir, jour de l’attaque à l’arme lourde du QG de Jean PING, par les forces de l’ordre.

Joint par téléphone le soir de l’attaque, le chanteur Alexis Abessolo visiblement très effrayé au son de sa voix relate “… ils nous tirent dessus… puis ramassent les corps et les jettent dans une voiture. Il y a au moins 20 morts déjà“.

Cette révélation sur le mode d’action des milices relatif aux corps sans vies des patriotes, intrigue. Pourquoi ramassent-ils les corps ? Que font-ils de ces dépouilles?

Pour certaines indiscrétions, cette démarche est motivée par la volonté du pouvoir de dissimuler les chiffres exacts des personnes tombées sous les balles de l’armée tout au long de cette crise. Si tant est que cela soit le cas, le spectre sur le charnier prend forme. S’il y a volonté de dissimuler, il y a une volonté manifeste de faire disparaître les preuves, et donc, par ricochet, les corps.

Et dans cette configuration , l’histoire nous a appris que l’incinération et l’usage des fosses communes étaient les solutions auxquelles ils avaient souvent recours. Cette idée des fosses communes a, par ailleurs, été évoquée par le journaliste Jonas Moulenda qui, dans une vidéo postée via le réseau social Facebook, évoquait l’éventualité de ces charniers. Il faisait notamment état de l’un deux dans la zone du PK 27 sur la Nationale 1 ou un autre dans le Haut-Ogooué.

Cette semaine, une partie des manifestants arrêtés pendant les manifestations ont été présentés devant le Procureur. Une occasion pour les parents sans nouvelles des leurs de s’y déplacer, afin de vérifier si ceux qu’ils cherchent depuis des jours, sont bien parmis les personnes présentées au parquet.

Là aussi, l’attitude adoptée par le Tribunal judiciaire de première instance de Libreville et les forces de l’ordre alimente cette folle rumeur. Les parents des manifestants se sont vus opposer un refus de pénétrer au sein du Tribunal afin de vérifier si leurs enfants faisaient partie ou non de ceux qui devaient être présentés devant le Procureur. Il y avait comme une volonté d’empêcher les parents de se rendre compte de l’absence des leurs.

Une question se pose alors, où sont-ils ? Que font-ils? Que leur ait-il arrivé? Autant de questions qui restent sans réponse à nos jours.

En attendant, dans le but d’accompagner les parents dans cette quête inespérée des leurs, une page “Nos disparus 241” a été mise en place sur Facebook, au sein de laquelle des compatriotes relaient toutes les informations des personnes disparues et celles retrouvées dans le cas échéant. La chaîne TV+ a aussi mis à la disposition des parents ses antennes pour qu’ils puissent diffuser leurs messages.

Un maigre espoir tant, plus les jours passent, plus la résignation gagne plusieurs familles. Surtout, apparaît en  toile de fond de cette situation cette idée d’un charnier dans Libreville qui réduit considérablement l’espoir de certains parents de retrouver les leurs, encore vivants.

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