Benicien Bouschedy : Silences de la Contestation

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Parue à la Doxa Editions en juin de l’année en cours, “Silences de la Contestation” est une œuvre majeure. Un texte qui sonde le présent africain dans les tourments de sa médiocre démocratie en proposant des fleurs pour l’avenir de ce continent. Pour ce qu’elle dit la condition humaine lui donne la voix, des couleurs (tantôt de désespoir et de désillusion, tantôt de réconfort et d’abnégation), cette oeuvre atypique nous transporte à travers chaque couloir de la société humaine: Frêle et muette. Muette et révoltée, frustrée et déterminée, en tutoyant tous les continents à travers la catégorisation sociale et l’auto-évaluation de leur gestion démocratique.

Au cœur de cette oeuvre sans ponctuation, que l’auteur justifie:

”La ponctuation de votre air tambourine mon crâne que rase l’injustification de l’exil de l’intelligence”.

L’écrivain engagé et militant Benicien Bouschedy, comme son aîné martiniquais Aimé Cesair, se fait la voix des sans voix. La porte, l’offre aux opprimés de la condition humaine. Aux victimes de la barbarie politique africaine, il leur parle et les fait parler, porte sur ses jeunes épaules leurs maux, qu’il décrit, avec justesse.

Et comme si la description noire ne suffisait pas, l’auteur se passe pour ”Le Nouveau Colosse” d’Emma Lazarus, et exclame le souhait d’aider sa société :

”A moi vos désespoirs

A moi vos déceptions

A moi vos colères-femmes

A moi vos colères-hommes

A moi vos colères-martyrs

C’est à moi aussi que reviennent les mamelles du soleil

Je tiens le balai pour que la cour de justice universelle soit nettoyée de ses ombrages maquillés”.

La poésie de Benicien BOUSCHEDY chante les silences à haute voix, avec des mots choisis constituant des vers bruyants. Il parle des solitudes, des douleurs inachevées de la vie qui font parties de l’étau d’une misère inhabitable, insupportable et condamnable. “Silences de la Contestation” parle d’une société chétive, étranglée par la nervosité du paraître étouffé par l’injustice et la corruption sociale sous le soleil noir.

Benicien BOUSCHEDY évoque la frustration insonore d’une société, comme chez ”L’Homme Révolté” de son frère Albert Camus, qu’il saisit et fustige.

Impatient de voir changer les choses, l’auteur entretient, par la plus sournoise et efficace des contestations qui n’est autre que le silence, l’espoir d’une vie meilleure.  Silence chargé de maux, de douleur, et de désespoir que l’écrivain se propose de porter, seul, ce fardeau salutaire pour la société, jusqu’à la victoire:

”Je marche seul et j’arriverai sur les voies incendiées de paix lactée où j’embrasserai les rires par les joues du vent

La solitude conquise

La liberté acquise

La fierté remise

Par des leçons de maturité apprises

Éclaireront le carbone de bonté que ces terres amies admirent sans trouver de modèle à scalper de sémantisme”.

En sommes, le poète s’engage, rassuré, que ces silences qu’il a écoutés sur le monde le responsabilisent. Et il assume:

“Ca y est

Tout est fait

Ca y est

C’est fait

Cette conscience que je fais mienne en vos noms ignorés me fait missionnaire des violences interrompus que j’assume désormais”.

Silences de la contestation est une source qui désaltère toutes les soifs de la société. Allez-y, buvez,

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Vous serez soulagés.

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