Artistes gabonais : les réseaux sociaux transformés en scène de clash

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La campagne présidentielle pour l’élection du 27 août prochain s’est ouverte ce samedi avec l’organisation de grand nombre de meeting à travers le pays, et comme chaque année, elle vient avec son lot de surprise.

En effet, depuis que la campagne a été lancée, la toile s’est emparée du sujet. L’engagement de certains artistes au côté des candidats à l’élection présidentielle fait débat, les fans s’emportent et par profils interposés, il ne se passe plus un jour sans qu’un artiste via les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube), donne de la voix, face à ce qu’on peut qualifier désormais de clash entre artistes. Au demeurant, nous faisons face à deux points de vue divergents qui ne manqueront pas de susciter l’intérêt de l’opinion publique.

Alors que le président sortant et candidat à sa propre succession, Ali Bongo Ondimba ouvrait sa campagne au stade d’Agondje, dans la commune limitrophe au nord de Libreville, par un grand concert populaire, qui a vu la participation d’un certain nombre d’artistes, notamment Franck Baponga, Massassi, Ndjassi Ndjass, Ng Bling, Tina, Lord Helkass, Sinsh’o etc. Leur participation a suscité une énorme polémique dans le microcosme rapologique gabonais et a été perçu comme une sorte de caution offerte au pouvoir en place alors que le pays traverse une crise sociopolitique majeure. Une position battue en brèche par certains d’entre eux, à l’exemple de la rappeuse Tina qui sur son compte Facebook dit : « En 2009, j’ai soutenu le candidat Ali Bongo Ondimba dans sa vision pour le Gabon. En toute connaissance de cause et en pleine possession de mes moyens, je suis allé lui manifester mon soutien dans les urnes du 3e arrondissement. Est-ce que les réalisations sont parfaites ? Est-ce que toutes les promesses ont été tenues ? Est-ce que les délais et les échéances ont été respectés ? Peut-être pas, mais toute œuvre humaine a sa part d’erreurs et tout changement prend du temps et c’est en cela que je crois. Et le discours d’ouverture de campagne du candidat me conforte dans l’idée que j’ai fait le bon choix».

L’un des artistes ayant participé à ce concert d’ouverture de campagne d’Ali Bongo Ondimba, en la personne de Ndjassi Ndjass, de railler ses détracteurs sur l’une de ses publications en soulignant : « Je vois les pseudos vrais rappeurs du Gabon qui pleurent sur le net… Nos mamans au marché disent “ça va aller” Vous croyez que le talent des gens vous appartient ? Foutaise ». Des réactions qui ont tout de suite enflammé la toile au vu des commentaires quelque peu agressifs à la suite de ces publications.

La réaction des autres artistes ne s’est pas fait attendre, à l’instar du rappeur Lord Ekomy Ndong du célèbre groupe gabonais Movaizhaleine, qui dans une publication souligne que : « La musique est en train d’être utilisée comme une arme de distraction massive au moment où les masses ont besoin d’être réveillées. Autant dire une arme de destruction utilisée contre un peuple affamé. Le rap est une redoutable arme contre l’oppresseur lorsqu’il est pratiqué dans les règles de l’art. L’ennemi la bien compris. Nous voilà donc éclaboussés par une tempête de musique débilisante que les médias encouragent du haut des gros moyens et des ordres que le pouvoir leur donne».

Et son acolyte Maat le seigneur Lion de renchérir dans une vidéo s’adressant à Franck Baponga, Ndjassi Ndass, Johnny B. Good et aux autres artistes, en disant : « Arrêter ça tout de suite et ressaisissez-vous, parce que vous participer en fait, à donner de la force et à asseoir un pouvoir en réalité qui nous opprime déjà depuis cinquante ans, un pouvoir qui manque cruellement de vision politique ; un pouvoir boulimique et jouisseur, un pouvoir qui emprisonne, un pouvoir qui affame, un pouvoir qui assoiffe, un pouvoir qui fait en sorte que nous ne sommes pas nous-même »

Dans le même ordre d’idées, le chanteur Latchoo attire l’attention de ses collègues artiste en arguant « j’espère que vous êtes sûrs de ce que vous faites, j’espère que vous le faites dans un esprit de sincérité et de confiance en celui pour qui vous faites des éloges et battez campagne. Et cela veut dire que vous cautionnez, sinon vous êtes d’accord avec tout ce qui s’est passé ces sept dernières années, et que vous pensez que ce sera encore mieux les sept prochaines années si votre champion est élu. Sinon, si c’est juste pour le gain, la miette que vous le faites, juste pour vous et vos besoins personnels, je vous laisse avec vos consciences quand vous aurez du temps discuté avec elles».

Une autre réaction et non des moindres, celle de l’artiste primé au Kora Music Awards, Koba qui dans une publication rappelle particulièrement à l’un des protagonistes d’en face, en l’occurrence Ndjassi Ndjass, des paroles de l’une ses chansons comme pour lui faire comprendre le regrettable virage qu’il a pris désormais « Quelques extraits du titre “Feu sur la concurrence” du groupe de rap SIYA Po’ossi X, en conclusion, tu oses rapper pour le pouvoir ; fais de la chanson dans un groupe d’animation ; les riches t’applaudissent, mais les pauvres te maudissent ; car moi sur le tempo jamais je ne scanderai B O N G O président ; quand? Dis-moi depuis quand a-t-on-t-on déjà vu qu’on rap un Président ; PS : c’est le couplet de Ndjassi Ndjass. Big up à toi Grand et merci pour ce rap hardcore ».

2 Commentaires

  1. Et comme d’habitude ça va dans tous les sens ,chacun ne pensant qu’à l’assouvissement de ses besoins. Manger pour un jour, avoir des privilèges empoisonnés tous ça au détriment des Gabonais qui croupissent dans la faim, le chômage qui bat son plein et j’en passe. Avec tout ceci vous ne comprenez toujours pas et comme si ça ne suffisait pas il faut encore que vous, sur qui l’on pouvait compter veniez encore vous alliez à nos oppresseurs depuis 50ans tout ça pour quoi ? La diffusion de vos oeuvres ou bien la production gratuite et encore que tout ceci c’est pour une courte durée. Pfff pitié de vous , vous faites la honte du RAP Gabonais bande de vendu. Heureusement qu’il y en a qui ont encore leur dignité car même ça vous n’en avez plus pfff.

  2. Latcho et Koba respect. Le respect et la confiance sont des valeurs qui ne se gagnent pas mais se méritent. Que l’on ne voit pas ces mêmes artistes revenir 2 ans voire 3 ans après se plaindre de “leur président “. La satisfaction de nos besoins pour une vie meilleure doit se faire et se voir dans le long terme et non l’inverse, les miettes que vous touché maintenant et quand je vois votre train de vie ne dépassera pas les 6 mois je vous le dis.

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