Appel à la journée du recueillement : Top ou Flop ?

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Pour rendre hommage aux victimes de la crise post-électorales, Jean Ping, appelait le 29 septembre dernier, les gabonaises et les gabonais à « observer, le jeudi 6 Octobre 2016, une journée nationale de recueillement pour nos  morts et de compassion pour toutes les familles endeuillées, et toutes les victimes de la barbarie qui s’est abattue sur notre pays.»

Dans les deux principales villes du pays, Libreville et Port-Gentil, ce jeudi revêt les allures d’un dimanche même si les villes ne sont pas complètement “ morte”.

A Libreville, les grandes artères de la ville, habituellement bondées sont moins fréquentées aujourd’hui. Le marché de Nkembo par exemple, a ouvert très tard dans la journée. La présidente de l’Association des commerçantes du 2ème Arrondissement de Libreville et son adjointe qui s’opposaient à l’ouverture du marché ont été arrêtées par la police, nous rapporte une source présente sur les lieux. Malgré l’ouverture tardive, la fréquentation est inférieure par rapport à une journée normale.

Au centre ville, dans la matinée, les parkings des administrations n’étaient pas remplis de véhicules même si  plusieurs administrations ont ouvert. Des directeurs et chefs de services ont fait établir des listes de présence avec pour objectif d’initier des procédures disciplinaires sans doute nous rapporte un fonctionnaire en poste au ministère de l’Agriculture.

Pour Cyd Aubiang, cadre dans une ONG gabonaise, il n’est pas allé travailler parce qu’il estime que « ceux qui sont morts, ne sont pas morts en vain. Ils sont morts parce qu’ils ont cru à un idéal, ils ont cru à une espérance. Alors, je suis resté chez moi, lorsque je suis sorti de la maison, j’étais vêtu de noir pour manifester mon adhésion et rendre hommage à mes frères et soeurs disparus lors de ces violences que nous devons tous condamner avec la dernière énergie. »

Loïc Zotta, lui aussi cadre dans une société de réassurance, a préféré aller travailler. « Je suis allé travailler parce que c’est d’abord mon devoir» a-t-il affirmé, ajoutant par la suite « comme d’autres gabonais je suis sensible (…) pour nos frères et soeurs qui sont tombés durant ces nombreuses manifestations ». Le jeune cadre, émet également une pensée à l’endroit des disparus et appel, les politiques à  « réfléchir et se mobiliser pour le dialogue inclusif (…) meilleure solution pour que la mémoire de ces derniers soit respectée. Et qu’à l’avenir nous ne vivions plus ce type de situations.» conclut-t-il.

A Port-Gentil, ce matin il y a eu des retrouvailles au carrefour Château pour une marche silencieuse, puis une messe à l’église St Paul. Les commerces ont ouvert, pas tous cependant, dans les entreprises de l’avis général, les bureaux étaient quasi déserts. « Ceux qui s’y sont rendus par contrainte étaient soit en noir ou en blanc en signe de solidarité.» nous rapporte, Kevin R. A la mairie centrale, malgré les menaces de suspension de salaire en cas d’absence du Secrétaire général, plusieurs agents municipaux ne sont pas allés travailler.

Mayabi Binet, Secrétaire général adjoint de l’Onep est resté chez lui,  il a dit se recueillir à son domicile comme tout citoyen concerné. Par rapport à l’Onep, nous rapporte-t-il   « c’est personnel, ça  engage chaque employé dans ses convictions, et son engagement politique.» a-t-il conclu.

Jean Gaspard Ntountoume Ayi, porte parole de Jean Ping, qui suit cette journée depuis le Congo où ils se trouve actuellement, nous confie que de ce qui lui revient  « il y a eu un pourcentage important de personnes qui ne sont pas venues. Mais je ne puis le confirmer ou l’évaluer.»

De l’avis général,  le bilan de la journée est mitigé, certaines personnes ne sont pas allés travailler, d’autres y sont allés. Même si le mot d’ordre n’a pas été respecté à la lettre, les deux principales villes vivent ce jeudi 6 octobre 2016 comme une journée particulière.

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