Affaire ONP/CHUL : L’observatoire national des prisons dénonce la « dictature hospitalière » du CHUL

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Le Centre hospitalier universitaire de Libreville, Chul, a essuyé une volée de bois vert dans la journée du mercredi 15 juin dernier, à la faveur d’une protestation pacifique organisée à son entrée principale par des membres de l’observatoire national des prisons et de la famille biologique de feu Ndombi Therence, ancien patient de cette unité de soins.

Baptisée ‘’Journée brassard rouge’’, cette manifestation visait principalement à dénoncer la transformation des prisons du Gabon, et principalement celle de Libreville, en mouroir, au regard de la recrudescence de cas de morts enregistrés chaque année. Le choix de l’entrée principale du Centre hospitalier universitaire de Libreville n’a pas été fortuit. Il visait à prendre l’opinion à témoin, face à la rétention depuis six mois déjà par cette unité de soins, du dossier médical d’un de ses anciens patients, feu Ndombi Bignoumba, qui a trouvé la mort à la suite d’une négligence médicale dans la nuit du 16 au 17 janvier dernier, le temps de sa détention préventive à la prison centrale de Libreville. Un décès survenu à la suite du refus manifeste des gardiens de prison de lui permettre d’avoir accès à sa dose d’insuline. Soulignons que le patient souffrait de diabète de tye 2.

C’est armés de pancartes et banderoles aux écritures à charge contre le Chul, le bras ceint de morceau de tissu rouge, que le protestataires ont tenu à marquer d’une pierre blanche cette journée de protestation. L’on pouvait notamment y lire : ”Non à la dictature hospitalière du Chul”, ‘’Restituez le dossier médical de feu Ndombi Bignoumba Therence’’, ‘’La prison n’est pas un mouroir !’’’. Pendant plusieurs heures, les manifestants ont planté leur piquet de protestation sous le regard médusé du personnel soignant, des visiteurs du Chul et autres badauds. Une protestation pacifique organisée l’avant-veille du report d’une audience en réfère intentée par l’Observatoire national des prisons contre le Chul, aux fins de restitution du dossier médical querellé. L’audience en référé initialement reportée au 17 juin dernier, a été à nouveau reportée au 13 juillet prochain, toujours à la demande de la défense, qui, comme lors de la première audience organisé le 18 mai dernier, a une fois encore prétexté n’avoir pas eu assez de temps pour examiner la requête de l’accusation. Une attitude dénoncée devant le juge par le président de l’Observatoire national des prisons, Marc Ulrich Malekou-Ma-Malekou, qui s’est montré outré du peu d’intérêt manifesté par le Chul et son conseil, face à la notion de respect accordé aux morts.

Sur un tout autre plan, l’Observatoire national des prisons a mis cette journée brassard rouge à profit, pour marquer d’une part, sa solidarité à la justice dans le cadre de la mise sous mandat de dépôt le 3 juin dernier d’Armand Kombila, 41 ans, qui a avoué son acte de délinquance sénile visant à contraindre un garçonnet, un jeune voisin, de lui faire une fellation. D’autre part, l’ONP s’est indigné de la mort controversée du mise ne cause, quatre jours après sa mise aux arrêts à la prison centrale de Libreville, sans que des explications ne soient données, tant à sa famille, qu’à l’opinion publique.

Henriette Lembet

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