Affaire Franck Ping : opportunité de poursuite ou acharnement judiciaire ?

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Steeve Essame Ndong, procureur de la République près le tribunal judiciaire de première instance de  Libreville, a intervenu au journal télévisé de Gabon Télévision, ce vendredi 19 août 2016 afin de revenir sur l’affaire des malversations de la compagnie SinoHydro dans laquelle sont impliqués Franck Ping (fils de Jean Ping, candidat à la présidentielle) et Pascaline Bongo Ondimba (Sœur aînée du président sortant, Ali Bongo Ondimba).

D’après Steve Essame Ndong, procureur de Libreville,  Wang Ping, de nationalité chinoise et Directeur Général de la société aurait rétrocédé des éléments afin de justifier l’implication réelle de Franck Ping dans cette affaire : «Wang Ping a été entendu et fournit des pièces comptables sur les transactions financières prouvant que des virements de plus de cinq milliards de F CFA ont été effectués sur le compte de Frank Ping logé dans une banque basée à Hong Kong».

Ainsi donc, l’Etat saisira Interpol afin de « localiser Franck Ping.» ajoute-t-il, car selon lui, il serait absent du territoire depuis le début de ce scandale financier. Pour mémoire, Frank Ping est cité dans une affaire de rétro-commissions dans le cadre de chantiers énergétiques et routiers au Gabon portant sur un montant de plus de 5 milliards de F CFA.

Cependant, il est curieux que  le procureur de la République ne se soit focalisé que sur une des personnes citées, à savoir Franck Ping alors que Pascaline Bongo Ondimba l’a aussi été. Une attitude qui suscite le questionnement, quand on sait que le responsable du scandale BR-SARL, Yves Mapackou, est notoirement connu et qu’aucune diligence  n’a été engagée par le procureur.

Il en est de même pour l’affaire MARCK, dans laquelle Maixent Accrombessi, Directeur de cabinet du président de la république avait fait l’objet  d’une arrestation et d’une garde à vue, le 03 août 2015 ou encore du scandale Panama Papers, dans lequel Seydou Kane et Serge Ruffin Okana, Directeur général de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) ont été cités comme étant possesseurs de compte offshore.

Autant d’éléments qui pourraient donner lieu à une saisine d’Interpol mais devant lesquelles le procureur de la République juge inopportun de poursuivre mais ne lésine pas sur les moyens pour ouvrir une information judiciaire  quand il s’agit d’autres citoyens.

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