À la découverte de SeBa et de son premier album “Kundu”

0

Mélodies du bonheur, mélodies traditionnelles, mélodies qui enseignent. De Ngonga Nzembi en passant par Kala Kala, des mélodies à vous faire osciller ostensiblement. Des proverbes qui chantent à cœur ouvert, qui emportent et libèrent avec énergie les obstacles du quotidien. On se sent si léger à leur écoute. Mais d’où viennent-ils ? Pour le savoir, il a fallu se laisser emmener, écouter et tirer les leçons de ce que propose Kundu.

Kundu, qui signifie Confidences en français, est une enivrante balade musicale à travers les rythmes traditionnels du Gabon. Il est le premier album de l’artiste gabonaise SeBa, née le 12 avril 1973 à Koula-Moutou. Cette dernière n’a que douze ans, lorsqu’elle chante pour la chorale de son église Notre Dame de la Salette. C’est tout naturellement qu’une fois à Libreville, elle se tourne vers la chorale Charles Petit de l’église Sacré Cœur d’Ozangue. Elle intègre plus tard le célèbre Chant sur la Lowé, avant de devenir, pendant une courte mais très riche période, choriste de Pierre Claver Akendégué, ténor de la musique gabonaise.

En Italie lors de ses études supérieures, l’auteur, compositeur et interprète se plonge dans le répertoire de la musique italienne avec la Chorale Tuscolana de Frascati qui se produit à l’auditorium du Vatican. Enrichie de cette nouvelle expérience, elle revient au Gabon où elle monte le chœur Ma Ndagha. En 2007, elle sort son premier maxi single Mu dogha Tei -au nom du père en langue Nzébi-, puis en 2012 Uchombè -le bonheur- utilisé par une compagnie aérienne française pour retracer sa présence historique au Gabon.

Aujourd’hui, c’est décontractée et pleine de gaîté qu’elle répond à nos questions sur son nouveau projet musical.

Bonjour SeBa, comment décrirais-tu cet album ?

Pour commencer, je me retrouve complètement dans cet album. Je n’ai été pas été influencée dans mes choix artistiques. J’ai pu développer mes aspirations et les personnes qui ont travaillé avec moi m’ont vraiment accompagnée avec bienveillance. Kundu traduit mon univers et ce que je suis en tant qu’artiste. Généralement, je chante en langue Nzebi et en bien d’autres langues du Gabon et du monde. Cet album n’est pas formaté, ce n’est pas un genre convenu ni stéréotypé. Chaque titre a son originalité. Les textes portent des messages qui parlent et qui traduisent mon implication dans ce que je fais, dans ma relation à l’autre. J’ai tenu à réaliser un travail exigeant dans lequel je me reconnais.

Avec cette œuvre, qu’apportes-tu de nouveau ?

C’est un album qui n’a rien à voir avec ce que j’ai fait auparavant. J’ai commencé dans le Gospel mais avec cet album, je me suis investie dans la valorisation la culture de notre pays. Je m’inspire principalement de ma culture à laquelle s’ajoutent des cultures qui viennent d’ailleurs. C’est l’une des raisons pour lesquelles la maturation de ce projet a pris du temps. Il est important de prendre son temps pour aboutir un travail personnel non formaté.

Où s’est fait l’enregistrement?

Les premières programmations, percussions traditionnelles et certains instruments ont été réalisées à Libreville. Il y a eu des allers et retours avec la France. Les arrangements, la réalisation et le mixage ont, quant à eux, été faits à Paris.

Combien de titres pour cet album?

Il y a dix titres.  Entre l’idée du disque et le produit fini, le travail s’est déroulé sur trois années entre le Gabon et la France. C’est la qualité du travail qui a été ma priorité. Avec cette autoproduction, je voulais quelque chose de personnel et de vraiment abouti afin d’avoir un album authentique. Beaucoup de personnes m’ont aidé sur ce projet, ma famille y a participé. Chacun y a mis du sien, et cela a donné l’album Kundu. C’est un album éclectique. Je suis très contente de ce résultat que j’aimerais faire connaître non seulement au Gabon, mais aussi à l’international.

Nous avons vu en avant-première la vidéo du titre L’kaghe na mbèmbi (entre l’écorce et l’arbre, tu ne mettras pas ton doigt sans douleur), peux-tu nous en dire plus sur le message que tu véhicules dans cette chanson ?

Les proverbes dans nos langues locales sont tellement profonds que parfois, lorsqu’on les traduit en français, on peut en perdre plus ou moins la teneur. Avec L’kaghe na mbèmbi, j’ai voulu développer le thème de l’ingérence. Ingérence à laquelle on assiste parfois en Afrique. Nous avons, certes, nos défauts et nos problèmes et notre chemin à parcourir, mais nous sommes en mesure de régler nos problèmes nous-même, sans intervention quelconque. On retrouve parfois ce genre de situation dans notre vie. Prenons le cas d’un couple en désaccord, il est préférable de le laisser gérer seul ses problèmes sans s’immiscer, sans en rajouter. Au besoin, il est possible de donner des conseils tout en restant à l’écart. C’est la base du respect de l’autre…

Aujourd’hui que l’album est là, comment envisage-tu la suite de ce beau projet ?

La suite du projet consiste à partager avec le public. C’est la partie gratifiante. La chose essentielle c’est la scène. Pour cela, il faut identifier des dates. Il y a de très belles initiatives locales en cours. Nous en reparlerons lorsque le programme sera bouclé. Ensuite, nous verrons pour promouvoir notre riche culture à l’international. J’ai une belle équipe déjà prête à se lancer dans l’aventure mais, chaque chose en son temps. Ce mois de novembre sera consacré à la sortie de l’album et à sa diffusion…

Découvrez la vidéo de L’kaghe na mbèmbi

Laisser un commentaire